
Un petit salon où nous installer confortablement. Pour parler, dessiner, créer, rêver autour d'une passion commune celle de l'imagination. Que vous écriviez, dessiniez, faisiez du montage photographique... Soyez les bienvenus parmi nous. |
| | | Numb3rs Rating G: Mort sous protection. | |
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| Auteur | Message |
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juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection chapitre XXI Jeu 1 Oct - 19:01 | |
| CHAPITRE XXI
Bureaux du F.B.I.
« Dites nous ce que vous faisiez le matin du meurtre ? Demanda David en fixant droit dans les yeux l'ancien prisonnier.
- J'suis allé voir mon fils. Ça fait plus de dix ans que je l'ai pas vu, répondit Ricardo.
- Et avez-vous plusieurs témoins ?
- Ben oui, tous ceux qui étaient dans le centre d'accueil de mon fils. Ecoutez, moi j'ai rien à voir avec cette histoire. Qu'est-ce que j'irais faire à un flic alors que je viens de me prendre dix ans de prison, et que mon fils se trouve tout seul ? Il n’a plus de mère, plus que moi. Et j'ai pas envie qu'il souffre d'avantage. Croyez moi j'ai retenu la leçon.
- Cependant, il paraît que vous avez reçu un appel de la prison il n’y a pas si longtemps.
- Ouais, j'en connais pas mal là bas. Y a pas que des pourritures dans les prisons. Et si vous faisiez votre boulot correctement, y aurait pas d'innocents là-bas. »
*****
Dans l'autre salle d'interrogatoire, Liz était assise sur une chaise regardant Franck dans les yeux. Ce dernier avait affirmé que, depuis qu'il avait perdu son job, il faisait tout pour en retrouver, qu'il avait passé un entretien d'embauche sur le web, et qu'il attendait avec impatience que quelqu'un vienne lui proposer du travail.
« C'est alors qu'il vous a appelé ? dit Liz.
- C'est n'importe quoi ! Pourquoi ce serait moi ? - C'est bien votre ancienne base militaire qui a été volée. Et apparemment votre frère se trouverait en prison. Alors pour lui donner un coup de pouce, ou sous la menace vous avez accepté ce contrat ?
- JAMAIS !!! hurla-t-il. Mon frère n'a rien à faire là bas. On la faussement accusé, comme vous m'accusez faussement en ce moment.
- Vos relevés téléphoniques nous disent le contraire.
- C'est du bidon ! vous avez tout falsifié. Moi j'suis un honnête citoyen ! »
*****
Dans la dernière salle d'interrogatoire, Nikki tournait autour du jeune Jack. Ce dernier semblait trembler de peur, et finit par tout avouer.
« Je crois que je n'ai plus trop le choix.
- Alors...C'est Lui votre commanditaire ? demanda Nikki.
- Oui...Il nous a dit qu'il nous refilerait à nous deux 20 000 dollars chacun, et qu'après il nous laisserait tranquilles. Moi, j'ai ma fille qui est très malade, et une opération importante à payer. Mais sans aucun argent on ne peut rien faire. J'avais besoin de cet argent.
- Qui est votre coéquipier ?
- Un certain Franck. Il était dans l'armée. Il m'a dit qu'il avait menacé son frère. »
*****
Colby regarda alors Nikki lui faire signer les déposition, et avertir Liz de ce qui se passait. A son tour Franck passa aux aveux. Comprenant que l'affaire allait peut être enfin être bouclée, Laurton prit la parole : « Bien, on va les placer sous surveillance le temps que l'on puisse aller au tribunal. Quand tout sera fini, alors nous vous avertirons. »
La soirée allait bien se passer peut-être pour eux. Larry était parti. David était allé avec Nikki boire un verre pour se changer les idées. Liz était restée là et regardait Colby qui pensait et finissait de remplir les rapports d'enquête. S'approchant doucement, elle voulut exprimer sa tristesse, mais aussi l’attirance qu'elle avait pour cet agent. Mais tout fut court-circuité, quand ils virent aux informations que les deux résidences où étaient placées les témoins, venaient d'être détruites dans une explosion, avec toutes les preuves qui allaient avec. Maintenant, après tout ces efforts, ils devaient tout reprendre depuis le début et rechercher les nouveaux commanditaires. Mais hélas pour eux, la justice n'allait pas permettre de détenir ce monstre plus longtemps en prison. Même pas le temps de l'enquête. Il était trop tard....
(A suivre...) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - Chapitre 22 Ven 2 Oct - 23:58 | |
| CHAPITRE XXII Maison des Eppes- Charlie, Charlie, je t’en supplie ouvre-moi cette porte. Amita pleurait et suppliait, debout devant la porte du garage. - Que se passe-t-il ? Elle se retourna et vit Colby qui venait d’entrer dans la maison. - Charlie s’est enfermé dans le garage. - D’accord. Rien de nouveau alors. - Colby, il est là depuis des heures et il ne répond pas. J’ai peur de ce qu’il pourrait faire ! - Où sont Alan et Larry ? - Ils font le tour, ils essaient de voir s’ils peuvent entrer par l’extérieur. Justement les deux hommes revenaient, livides. - Rien à faire, haleta Larry, il s’est barricadé ! Alan ne disait rien mais Colby lut dans ses yeux une détresse qui lui fit mal. Il l’entraîna avec lui vers le salon, faisant signe à Larry et Amita de les suivre. Comme incapables de résister à son autorité, ils le suivirent et s’installèrent bientôt autour de la table basse. - Bon, et si vous m’expliquiez de quoi il retourne exactement ? Pourquoi cet affolement ? Qu’est-ce qui arrive à Charlie ? Un par un, Alan, Amita et Larry lui expliquèrent la spirale infernale dans laquelle Charlie semblait s’enfoncer de plus en plus, sans qu’ils puissent rien pour lui. Depuis six jours que son frère avait été enterré, il se nourrissait à peine et c’était à eux de l’obliger à se changer et à se laver, sinon il n’y aurait même pas pensé. Il passait ses nuits à errer d’une pièce à l’autre puis il s’enfermait des heures dans le garage. - Mais ça, c’est son habitude, tenta de les rassurer Colby. Après tout, le fait de travailler lui apporte sans doute un peu de réconfort. - Mais il ne travaille pas, rétorqua Amita retenant difficilement ses larmes. - Comment ça ? - Il reste juste là, à contempler le tableau sans bouger, sans rien faire, expliqua Larry. - C’est effrayant, compléta Amita. Alan ne disait rien, mais son regard parlait pour lui. - Et que s’est-il passé aujourd’hui ? Pourquoi êtes-vous si inquiets puisque, visiblement, ce n’est pas la première fois qu’il s’enferme ainsi ? - Ce n’est pas pareil cette fois. J’ai peur qu’il n’ait fait une bêtise. A ces mots, Colby, à son tour, eut l’air inquiet. - Racontez moi ce qui s’est passé. Ce fut Alan, d’une voix tremblante qui prit alors la parole. Ce matin-là, lorsqu’il s’était levé, Charlie était déjà dans le salon, à errer comme un zombie, dans un désoeuvrement d’autant plus difficile à endurer qu’il était, avant, impossible de le trouver inoccupé, sauf quand il dormait, et encore disait parfois Amita en riant, même dans ces moments-là son cerveau ne devait pas s’arrêter d’élaborer des théories. Alan s’était dirigé vers lui. - Charlie, Charlie, chéri, regarde-moi. Charlie gardait les yeux obstinément baissés, comme s’il refusait de croiser le regard de son père, comme s’il refusait de le voir, de l’entendre, retiré dans un monde où personne n’avait accès. La colère avait alors saisi Alan : il n’en pouvait plus. Il avait perdu un fils, il ne permettrait pas que l’autre se perde. - Ca suffit maintenant Charlie, avait-il dit en prenant le visage de son cadet entre ses mains pour le forcer à le regarder. Tu ne peux pas continuer comme ça ! Don ne l’aurait pas voulu, tu m’entends ! Don ne voudrait pas que tu te laisses ainsi aller ! - Don ? Il lui sembla que la mention du nom de son frère le faisait sortir de son hébétude. - Oui, Charlie. Don, ton frère, Donnie. Que crois-tu qu’il penserait de toi à te voir dans cet état-là ? - Donnie… Les larmes s’étaient mises à rouler sur les joues de Charlie et, désarmé par cette douleur muette, Alan n’avait pu que serrer son fils contre lui. Comment le soulager ? Comment l’aider à surmonter sa détresse, lui qui avait déjà tant de mal à gérer la sienne ? - Ecoute chéri, je vais préparer le petit déjeuner, tu veux quelque chose ? Charlie s’était contenté d’un vague signe de tête dans lequel son père n’avait pu déterminer s’il voulait dire oui ou non. De toute façon il fallait qu’il se nourrisse : il n’avait quasiment rien avalé depuis le décès de son frère. Ca ne pouvait pas durer ainsi, il allait finir par se rendre malade. Il flottait déjà dans ses vêtements et Alan s’inquiétait pour sa santé. Il alla rejoindre Amita dans la cuisine. Celle-ci échangea avec lui un regard impuissant pour lui faire comprendre qu’elle non plus n’avait pas réussi, malgré tout l’amour qu’elle avait pour lui, à percer le mur derrière lequel Charlie semblait s’être retranché. Puis les deux scientifiques étaient partis pour l’université : ils avaient des cours à assurer et, Charlie étant indisponible, ils se relayaient pour assurer ses propres cours en plus des leurs. C’était à la fois une façon de lui venir en aide et d’éviter de trop penser aux tragiques événements qui avaient endeuillé la famille. Lorsqu’il avait eu fini de tout ranger, en début d’après midi, après un morne déjeuner durant lequel Charlie n’avait pas desserré les dents et à peine avalé deux feuilles de salade, Alan s’était mis à la recherche de celui-ci, décidé à avoir une bonne conversation avec lui. Il devait enfin prendre conscience de l’inutilité et de la cruauté pour ceux qui l’aimaient de son comportement actuel. Puis il s’était aperçu que le mathématicien s’était endormi, lové sur le lit de Don, serrant contre lui un portrait de son frère et il n’avait pu se résoudre à le réveiller : il dormait si peu depuis le drame qu’il était crucial pour lui de récupérer un peu. Alan avait décidé de profiter de ce sommeil pour aller faire quelques courses en vue du repas du soir. Durant tout le temps que durèrent ses achats, pas une fois son esprit ne put se distraire de la pensée de son fils cadet : que pouvait-il faire pour l’aider à surmonter cette épreuve ? Il lui vint à l’esprit de faire appel à un thérapeute. Pourquoi pas le Dr Bradford, celui qui avait si bien aidé Don dans un moment difficile de sa vie ? Cette pensée l’avait ramené à l’indicible sentiment de vide qu’il ressentait depuis la mort de son garçon. Rien ne pourrait jamais combler cette absence. Mais si au moins il avait pu un peu s’appuyer sur Charlie, avoir l’impression d’avoir encore un enfant ! Pourtant, il ne pouvait pas en vouloir au mathématicien. Il avait toujours su combien Don comptait à ses yeux. Depuis l’enfance il connaissait la lueur d’admiration qui brillait dans son regard lorsqu’il le posait sur ce grand frère adoré pour qui il se serait fait couper en quatre. Pourquoi avait-il fallu que ça arrive ? Pourquoi ? ***** Lorsqu’il était rentré chez lui, il avait pris le temps de vider les sacs à provisions puis était remonté dans la chambre de Don, pour voir si Charlie y était. Aucune trace du mathématicien. La couverture qu’il avait placée sur lui avant de partir gisait au sol, tirebouchonnée. - Charlie ? Charlie où es-tu ? Rien, pas de réponse. Le silence. Et le sang d’Alan n’avait fait qu’un tour ! Pourvu que… Il s’était précipité dans les autres pièces de l’étage, sans succès. Larry et Amita l’avaient rejoint à cet instant et il leur avait fait part de son affolement. - Il doit être au garage, avait tout de suite supputé la jeune femme. - Allons vérifier. C’est là qu’ils s’étaient aperçus que le garage était barricadé. Mais, ce qui les avait affolés, c’est le petit tas de vêtements abandonnés sur le seuil, dans lesquels ils avaient tout de suite reconnu les effets portés par Charlie le matin même. - Mais qu’est-ce qui lui est passé par la tête ? gémit son père. - Oh Charlie, qu’est-ce que tu as fait ? s’affolait Amita de son côté. Et cela faisait maintenant plus de deux heures qu’ils frappaient à la porte sans qu’aucune réponse ne leur parvienne. Lorsqu’ils eurent fini de parler, Colby était pâle. Il se leva, déterminé. - J’y vais. - Vous ne pourrez pas entrer Colby, il ne vous laissera pas… dit aussitôt Larry. - On verra bien. Il alla frapper à la porte. - Charlie, Charlie ouvre-moi ! Charlie, c’est Colby, ouvre-moi ! Il n’y eut aucune réponse. Il eut beau s’acharner durant dix minutes, tempêter, supplier, rien n’y fit. La porte restait obstinément close. - D’accord décida-t-il. Si tu n’ouvres pas, j’enfonce la porte. Il quêta du regard l’approbation d’Alan. Celui-ci lui fit un signe affirmatif. Il ne pouvait plus supporter ce silence, il devait savoir. - Reculez, ordonna l’agent. Lui-même prit quelques pas de recul et leva le pied. Sa jambe se détendit brusquement et sa plante de pied vint frapper la porte, juste au niveau de la serrure. Le bois craqua mais ne céda pas. Il répéta la manœuvre à deux autres reprises, et, au troisième choc, la porte s’ouvrit violemment, venant heurter le mur à la volée. Le spectacle qui les attendait leur serra le cœur. Assis par terre au milieu du garage, Charlie ne semblait même pas avoir conscience qu’ils y avaient fait irruption. Colby, qui ne l’avait pas vu depuis plusieurs jours, fut épouvanté du changement qui s’était produit chez lui. Il avait les cheveux sales, emmêlés et une barbe déjà drue recouvrait ses joues. Mais c’était le vide de son regard qui était le plus impressionnant. - Qu’est-ce qu’il porte ? chuchota soudain Larry en remarquant l’accoutrement de son ami. - C’est la tenue de base-ball de Donnie quand il était à l’université, répondit Alan effondré. Margaret l’avait rangée dans un carton : elle ne jetait jamais rien de ce qui avait appartenu à nos garçons ! Ils s’approchèrent du mathématicien qui ne leva même pas la tête à leur approche. Il était assis au milieu de clichés représentant tous Don à plusieurs époques de sa vie. Et ses mains tremblantes volaient de l’un à l’autre. Il en prenait un, l’examinait, puis en prenait un autre. Et entre chaque examen, il traçait sur le sol, avec la craie, une série de chiffres incompréhensibles. - Charlie, Charlie, qu’est-ce que tu fais ? demanda doucement Alan en s’accroupissant auprès de lui. Il se contenta de secouer la tête, comme pour chasser une mouche importune. - Charlie, dit à son tour Amita. Parle-moi. Dis-moi ce que tu fais. Il ne parut pas entendre, continuant son petit manège. - Qu’est-ce qu’il écrit, questionna Larry ? Ca rime à quoi tous ces chiffres ? Alan détourna un instant son attention de son fils pour les poser sur les signes qu’il traçait au sol, inlassablement. Il réprima un sanglot en murmurant : - Ce sont des dates qui ont compté dans la vie de Don : là sa naissance, ici l’obtention de son diplôme, là-bas son entrée à Quantico, et sur cette ligne son arrivée au bureau de Los Angeles… Ils se regardèrent, bouleversés : Charlie était en train d’écrire avec des chiffres toute la vie de son frère, comme si c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour le garder près de lui. A son tour Colby s’accroupit près du mathématicien pour essayer de le ramener à la raison : - Charlie, c’est Colby. Charlie, tu dois arrêter ça maintenant. Et joignant le geste à la parole, l’agent arrêta la main qui continuait, inlassablement, à aligner des équations sans queue ni tête. Durant un instant, Charlie cessa son mouvement et les quatre personnes qui l’entouraient se sentirent soulagées qu’il les écoute enfin. Puis, soudain, un hurlement strident monta aux lèvres du mathématicien, leur vrillant les oreilles. Charlie hurlait à en perdre la tête. Affolé, Colby lui lâcha la main et, aussitôt, le cri cessa. A nouveau tranquille, loin de tout, Charlie reprit sa besogne absurde et inutile. Colby se leva : il venait de comprendre qu’insister ne servirait qu’à déclencher une nouvelle crise. Larry contemplait la scène, tétanisé, ne voulant pas croire ce qu’il voyait. Amita s’était laissée tomber à genoux, et elle sanglotait à fendre l’âme. - Je vais appeler une ambulance, murmura Colby à l’attention de Larry. Celui-ci le regarda, hagard, puis il hocha la tête en signe d’assentiment : oui, visiblement Charlie avait besoin de bien plus que ce que eux pouvaient lui apporter. Alan serra son fils contre lui et le mathématicien ne répondit pas à son étreinte. Larry le vit qui continuait à faire courir sa craie sur le sol tandis que son père le tenait contre lui. Alan s’aperçut à son tour de son manège et il le lâcha, comprenant que ça ne servait à rien. Il regarda son cadet avec du désespoir dans les yeux. - Oh Charlie, Charlie, mon petit ! Où es-tu parti ? Charlie n’entendait plus rien, plus rien que cette voix chaude qui lui demandait avec insistance : - Tu viens avec moi Charlie ? Oui, cette fois-ci, il l’accompagnerait au bout du monde, et leur voyage à deux n’en finirait pas. (à suivre) |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

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 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection XXIII Sam 10 Oct - 10:32 | |
| CHAPITRE XXIII
Bureaux du F.B.I.
Laurton arriva pour la quatrième fois dans les locaux du F.B.I. Colby l'attendait et le regarda arriver.
- Qu'est-ce que je peux pour vous agent Granger ?
- Je dois voir Sobieski tout de suite.
- Vous ne comprenez pas, je ne peux pas faire ce genre de chose. Il est très protégé et...
- Ecoutez moi !!! Nous avons tout ce qu'il faut pour faire un lien entre Sobieski et notre affaire. Nous avons eu toutes les autorisations pour aller le voir, alors maintenant vous m’y emmenez !
Ne le croyant pas, Laurton voulut surtout se rassurer et téléphona directement à ses supérieurs. Ces derniers lui indiquèrent que toutes les autorisations avaient été signées, et qu'il allait devoir aider le F.B.I dans cette démarche. Peu content, il accompagna Colby. Après avoir subi une fouille destinée à vérifier qu’il n’avait sur lui aucun gadget susceptible de permettre de le localiser, celui-ci fut emmené dans un fourgon totalement clos afin qu’il ne puisse pas voir l’endroit où était retenu Sobieski ni ses alentours. Le voyage dura plusieurs heures, Colby n'arrivait pas à déterminer le trajet qu'ils avaient emprunté et se demandait pourquoi il y avait tant de mystères et précautions pour cet individu. Puis il s’efforça rapidement de s’ôter cette idée de la tête en pensant exclusivement à interroger ce suspect caché. Enfin le fourgon s'arrêta et Colby et Laurton purent sortir. |
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Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection XXIV Sam 10 Oct - 10:37 | |
| CHAPITRE XXIV
Lieu de détention de la C.I.A.
A l’arrivée, Colby vit qu’ils étaient dans un quartier résidentiel anonyme, construit de maisons tout à fait ordinaires. Laurton et lui entrèrent enfin dans l’une d'entre elle. Mais il s’aperçut vite qu’elle était transformée en véritable forteresse. De l’autre côté d’une haute grille il remarqua des murs épais, des caméras partout. Colby comprit alors qu’il se trouvait dans l’un de ces centres semi-légal que possédait la C.I.A sur le territoire national. Le côté légal était que les avocats de certains des criminels « officiels » retenus dans ces lieux savaient où ils étaient et pouvaient venir les visiter, dans de strictes conditions de sécurité, (la première étant le transport tel que venait de le connaître Colby). L’autre versant était tous les détenus « clandestins » dont nul ne savait qui ils étaient ni d’où ils venaient et qui, derrière les portes closes, étaient soumis à des traitements souvent inhumains sans que personne ne puisse exercer le moindre contrôle puisqu’ils n’avaient aucune existence légale. Les gardiens étaient en fait des agents de la C.I.A qui se relayaient à tour de rôle. Les mesures de sécurité étaient d'autant plus draconiennes. Dès l'entrée, ils subirent un premier contrôle : des agents les fouillèrent consciencieusement. Puis après cette première inspection, ils marchèrent silencieusement durant une dizaine de mètres avant d'arriver au corps de logis. Là une grille séparait le couloir en deux dans sa longueur. Avant de rentrer dans le deuxième corridor ainsi formé, ils passèrent un second contrôle. Les agent prirent alors leurs armes. Enfin, les deux agents allèrent dans le deuxième couloir, ils rentrèrent dans un petit ascenseur qui les amena au sous-sol. Là, sur plusieurs centaines de mètres, s’étendait tout un réseau souterrain qui abritait la prison proprement dite, à l’insu de tous les habitants du quartier. Dès qu'ils y arrivèrent, ils subirent un troisième contrôle encore plus pointilleux que les deux premiers. Les deux agents durent se dévêtir pour subir une fouille au corps, afin de vérifier qu’ils n'avaient rien caché nulle part, même dans leur corps, pendant qu’on examinait soigneusement leurs vêtements. Colby trouvait tout cela fortement désagréable, presque humiliant, mais il se disait qu'il fallait accepter de subir cette procédure pour coincer ce monstre, pour venger Don. Enfin après toutes ces vérifications, ils purent se rhabiller et aller dans la partie "prison" proprement dite. Colby entendit soudain un cri horrible s’échapper par une porte entrouverte, lui rappelant de mauvais souvenirs, lorsqu'il était encore dans l'armée, quand des personnes pratiquaient la torture. La porte se referma et plus un bruit n’en sortit, lui prouvant que la pièce était vraisemblablement insonorisée. Il lui revint en mémoire tout ce que l’on disait sur les prisons secrètes de la C.I.A. un peu partout dans le monde. S’il savait qu’elles existaient, il n’aurait pas imaginé qu’il y en eut une si près de Los Angeles. Interrompant ses réflexions, Laurton l'emmena dans une autre pièce. Colby se retrouva dans une petite pièce totalement anonyme meublée d’une table et deux chaises où Sobieski arriva, enchaîné.
- Bonjour Monsieur Sobieski, Je suis l'agent Colby Granger, du F.B.I.. Nous avons étudié votre dossier.
- Ah ? Ça y est ? Vous allez enfin pouvoir prouver que je suis innocent de tout ce dont on m'accuse ?
- En réalité, on cherche plutôt à ce que l'on vous inflige la plus sévère sentence possible, afin que vous ne refassiez pas les mêmes horreurs.
- Alors comme ça vous aussi, vous jouez au fédé corrompu ? Je vous imagine bien avec une chaîne en or, ou une grosse voiture. Combien ça gagne un agent corrompu ?
- C'est bizarre, mais chaque témoin qui devait venir a été retrouvé mort juste avant votre procès.
- Bah, ils n’avaient peut être pas la conscience tranquille, et ils ont décidé de finir leur vie d'une manière ou d'une autre, pour ne pas transformer celle d'un innocent en cauchemar.
- Vous pouvez penser se que vous voulez, mais nous avons des preuves sur vous, assez pour vous faire condamner à la peine de mort. Alors maintenant vous allez me dire qui sont vos contacts et on verra ce que l'on pourra faire pour vous.
Sobieski éclata alors d’un rire sardonique, en regardant l'agent.
- Mais ouais, c'est ça. Vous savez quoi ? Si vous saviez quelque chose sur moi, je crois que vous m'auriez emmené loin d'ici, finit-il par dire.
- Je vois que monsieur garde son sens de l'humour, peu importe sa situation. Mais apparemment, vous semblez être doté d'un grand sang-froid.
- Oui, vous ne m'aurez pas comme ça ! Vous essayez toujours de confondre les innocents en leur faisant des compliments.
- Oh, mais je le pense vraiment. Je suis même épaté que vous ayez réussi un tel coup : tuer un agent du F.B.I. depuis la prison, bravo ! Je vous tire mon chapeau !
- Comment voulez-vous que je fasse ? Je n’ai de contact avec personne ici ! Et ça depuis deux ans. C’est d’ailleurs une violation flagrante de mes droits constitutionnels !
Colby sentait la moutarde lui monter au nez.
- Parce que vous, vous avez respecté les droits constitutionnels des personnes que vous avez tuées, ou qui ont été tuées à cause de vos trafics ? Parce que vous pensez que l’on a respecté les droits constitutionnels des quatre témoins qui ont été abattus, et ceux de l’agent Eppes ?
- Je compatis à la disparition d’un si valeureux représentant de l’ordre, croyez-moi.
A la façon dont il prononça ces mots, Colby eut une furieuse envie de l’abattre là, sur le champ, sans autre forme de procès : voilà qui serait une violation flagrante de ses droits constitutionnels ! Mais Sobieski continuait :
- Mais encore une fois, expliquez-moi comment je pourrais communiquer avec l’extérieur ? Vous avez bien vu quelles sont les conditions de sécurité drastiques qui s’appliquent ici.
-Et vos avocats?
- Ils ne viennent que pour me défendre face à des gens comme vous. Je n'ai rien à me reprocher.
*****
Colby renonça comprenant que l'homme ne dirait rien, même sous la torture, ce qui, de toute façon n’était pas envisageable. Tout était lisible dans ses yeux. Rien n'allait ressortir de cet interrogatoire. Mais ce qu’il avait vu des mesures de sécurité lui avait permis de comprendre qu’en effet, il était bien peu probable que Sobieski ait pu être en contact direct avec un complice. Il émis alors l’hypothèse qu’il faudrait s’orienter vers les avocats, seuls à avoir des contacts avec lui.
- Les avocats de Sobieski ? Je ne vois pas à quoi cela vous servira, s'étonna Laurton.
- Bien sûr que si ! Ce sont ses derniers contacts avec la vie extérieure. S'il a planifié le meurtre de l'agent Don Eppes, alors il a sûrement dû passer par un de ses avocats pour pouvoir le tuer.
- Vous prenez cette affaire un peu trop au sérieux. Vous avez bien vu ! Nous avons passé des tas de contrôles avant de rentrer. Vous pouvez me dire comment les avocats pourraient passer à travers ? D’autant qu’ils ne pénètrent même pas dans la partie prison : les entretiens avec eux n’ont lieu qu’au sous-sol et Sobieski subit une fouille au corps avant et après chaque entrevue ! Et puis cela pourrait leur coûter très cher. Pourquoi prendre ce risque ?
- Peut être que l'un d'entre eux a un passé un peu trop agité ou un peu trop sombre, et qu’il a fait passer un code !
Laurton lui tendit alors quelques dossiers.
- Je me doutais que vous alliez me sortir quelque chose comme ça. Il n'y a que trois avocats. Les deux premiers sont des hommes, Maître Taylor et Maître Conrad. Maître Taylor s’est récusé il y a déjà six mois. Depuis Maître Dupont a repris l'affaire. Visiblement, elle est déterminée, mais pas assez pour commettre un crime.
Colby feuilleta les dossiers. Et se rendit compte que Laurton avait raison. Il n'y avait rien de nouveau. Et les avocats n'allaient rien donner.
- Je vous l’ai dit. Abandonnez, Sobieski n'est pas votre homme. Vous cherchez des preuves qui n'existent pas. Alors retournez à votre bureau.
Colby pensait presque que cet homme avait raison, mais il se retourna et le fixa d'un air déterminé.
- Qu'est-ce que vous nous cachez Laurton ? Pourquoi vous ne nous ne laissez pas aller voir ces avocats ?
- Je vous l'ai dit, et je vous le répète, il n'y a rien de ce côté là.
Ne croyant qu'à demi son collègue de la C.I.A., Colby était bien décidé à continuer son enquête. Le fait que Laurton semble vouloir l’empêcher de voir ces avocats voulaient bien dire qu'il y avait quelque chose à creuser par là.
(A suivre...) |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

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 | Sujet: Numb3rs rating G: Mort sous protection chapitre XXV Sam 24 Oct - 17:25 | |
| CHAPITRE XXV
Chambre de Charlie
Cela faisait maintenant deux jours que Charlie ne répondait pas, il ne mangeait plus, il ne voulait plus s'ouvrir au monde. Amita était restée à son chevet durant tout ce temps. Mais elle n'avait pas une seule once d'espoir. Robin entra dans la chambre de Charlie et vit Amita en larmes auprès de son fiancé. Robin lui mit sa main sur l'épaule.
- Amita? Vous voulez venir avec moi ? Il faudrait vous reposer. - Non...Je veux rester avec Charlie...
Alan arriva à son tour, et regarda Amita avec compassion. Il savait que l'un de ses fils ne reviendrait jamais, et l’autre partait à la dérive.
- Allez vous reposer Amita, je vais rester avec lui.
Amita accepta, avec du mal, d’aller avec Robin.
*****
Quelques minutes plus tard : dans un café
Elles s'étaient assise dans un café, en train de boire un thé et de manger de petites sucreries. Certes le cœur n'y était pas, mais Robin voulait changer les idées d'Amita. Robin avait eu du mal a accepter la mort de Don, mais elle commençait à en faire le deuil. Sa famille lui avait donné tout son temps pour l'aider, toute son attention pour pouvoir la consoler. A son tour, Robin voulait faire de même pour Amita. Elle savait combien il était dur de subir ce genre d'épreuve. Mais elle se demandait comment aider au mieux Amita qui voyait son fiancé partir à la dérive. Robin, elle, avait vu l'enterrement du sien, elle avait pu réaliser qu'il était parti et qu'il ne reviendrait jamais. Elle voulait redonner espoir à Amita, peut être un espoir inutile, mais un léger espoir pour lui rendre la vie plus agréable.
- J'aimerais... J'aimerais tellement qu'il me sourit de nouveau. Qu'il expose de nouveau ses théories. Je... Je...
Elle explosa en larmes, devant tout le monde. Étonnées, tout d'abord, les personnes qui se trouvaient dans le café se détournèrent par discrétion. Robin entoura alors de ses bras la jeune professeur, pour la consoler. Elle se réconfortait dans les bras de sa camarade.
- Pourquoi...Pourquoi cela nous arrive à nous ?
Robin comprenait totalement le problème d'Amita. Elle avait vécu presque la même chose avec Don. Les deux frères avaient eu à peu près la même vie affective. Les deux avaient eu des vies identiques en ce qui concernait leurs relations amoureuses. Leurs histoires avaient eu des hauts et des bas. Et aujourd'hui, les deux femmes en étaient arrivées là : l'une avait son fiancé mort, l'autre son fiancé parti très loin. Robin pensait surtout à rasséréner Amita, comme s'il s'agissait d'une petite sœur. Elle embrassa alors son front, réconfortant sa petite protégée. Intérieurement, elle se posait une question : comment pourraient-elles surmonter de telles épreuves après tout ce qui s'était passé?
- Ne vous inquiétez pas je suis sûre qu'ils vont trouver un moyen de punir ce monstre.
Amita regarda alors dans les yeux Robin. Elle savait que cette dernière avait été exclue de l'affaire parce qu'elle était trop impliquée. Comprenant qu'elle avait dû aussi vivre des jours malheureux, et surtout douloureux, elle se sentait coupable de pleurer dans les bras de cette femme. Ce devrait être à elle de la réconforter. Parce que Robin, elle, avait définitivement perdu l'homme qu'elle aimait.
- Comment faites vous? demanda Amita. - Il faut que l'on se serre les coudes pour aider Alan et Charlie, pour nous soutenir mutuellement aussi. Je sais que votre famille est très loin, la mienne était là pour venir m'aider. Alors je me disais qu'il fallait quelqu'un pour vous, pour que vous puissiez tout dire, pour que vous puissiez aller mieux.
Reconnaissante, de l'attention que lui portait Robin, Amita sécha ses larmes. A son tour elle voulait faire quelque chose pour elle.
- Si jamais vous avez besoin de moi. Alors appelez moi.
Robin mit sa main sur les cheveux noirs d'Amita.
- Occupez-vous de Charlie et d'Alan et de vos cours. Ne vous inquiétez pas pour moi.
Elles finirent leur café, et repartirent chez les Eppes.
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|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection XXVI Jeu 29 Oct - 19:27 | |
| CHAPITRE XXVI
Bureaux du F.B.I.
Après son entrevue avec Sobieski, Colby put obtenir une injonction du juge afin d'interroger les avocats du trafiquant. David était venu avec lui, pour les interroger. Il fallait fouiller dans leur passé, il fallait trouver le grain de sable qui empêchait la machine de fonctionner, le tout petit indice qui ferait que l'affaire allait éclater. Il s'empressa alors de les contacter un par un, les convoquant chacun au F.B.I.. Nikki et Liz avaient interrogé les deux hommes. Maître Taylor semblait avoir défendu Sobieski pour une seule et unique raison : il croyait profondément que tout homme a le droit d’être défendu, y compris le pire des criminels. Mais Sobieski s'entêtait à ne pas l’écouter, et il avait décidé ne plus le défendre. Il ne le portait d'ailleurs pas dans le cœur. Enfin plus maintenant. Maître Conrad, quant à lui, était l’archétype de l’avocat véreux prêt à tout pour de l’argent. Il savait pertinemment ce que faisait son client, mais il s’en fichait du moment que ça lui rapportait. Et il apaisait sa conscience en se disant qu’il ne trempait pas dans les magouilles de Sobieski. Il n’y avait donc aucune chance que l’un des deux soit coupable. Colby, lui, avait décidé de faire l'interrogatoire de Maître Dupont en tandem avec David.
- J'aimerais savoir ce qui pousse une jeune femme telle que vous à défendre un homme comme lui ? - Je ne fais que défendre mon client. - Ah oui ? Un client qui semble avoir tué plusieurs personnes, dont un agent fédéral ? - Vous outrepassez vos fonctions messieurs. Je crois que l'on n’a plus rien à se dire.
Mais Colby retint la jeune femme doucement.
- Je crois qu'au contraire on a plusieurs choses à se dire.
David tendit alors une feuille de compte.
- Vous pouvez nous dire d'où vous viennent ces deux cents mille dollars qui sont arrivés cette semaine sur votre compte ?
La jeune femme était elle même étonnée de voir une telle somme sur son compte. Elle ne comprenait pas tout ce que cela voulait dire.
- Nous avons besoin de savoir. Pourquoi avez-vous reçu une aussi grosse somme d'argent ? Et par qui ? - Écoutez je ne crois pas que je devrais vous en dire plus. - Écoutez, on peut vous mettre sous protection, si vous avez peur d'être tuée. On peut vous offrir une protection, répéta Colby, comme s’il pensait que l’avocate n’avait pas compris sa première phrase. - Personne ne peut me protéger de cet homme !
David s'assit et regarda alors la jeune femme qui semblait être mal à l'aise.
- Il faut que vous nous disiez tout. Sinon, vous serez toujours en danger. - Je ne dirai plus rien. *****
Colby et David sortirent et se consultèrent.
- Bon David, tu vas demander à nos as de l'informatique de nous trouver tout ce qu'il y a savoir sur cette femme. - Qu'est-ce que tu vas faire Colby? - Je vais aller chercher s'il y a eu une personne de sa famille ou quelqu'un de son entourage qui a été menacé.
Chacun alla alors dans son coin. Pendant plusieurs heures, David alla dans différents services afin de retrouver si cette femme cachait quelque chose, tandis que Colby allait interroger les différents voisins et amis de l'avocate. Mais plus il cherchait, plus il rencontrait de voisins et d’amis plus il se rendait compte qu'aucun n'avait reçu de menaces. Rien ne démontrait qu'ils aient été menacés. Alors qu'il revenait aux locaux du F.B.I. et David l’interpella.
- Hé Colby, On a trouvé quelque chose. Apparemment nos informaticiens sont vraiment doués. Ils ont découvert qu'elle aurait eu un accident en état d'ivresse, un gamin serait mort. Évidemment on n’est sûr de rien sinon elle aurait été arrêtée, mais tout concorde dans ce sens. Tiens regarde.
Colby étudia le dossier rapidement.
- O.K. Je n'avais rien trouvé moi. Donc, ça doit être pour ça. - Oui, elle a dû être prise au piège, puis achetée pour s’assurer de son silence. Il a dû l'utiliser. Maintenant que l'on sait ça, on peut l'interroger et lui faire peur.
David hocha de la tête pour signifier son accord. Ils rentrèrent de nouveau dans la salle d'interrogatoire où la jeune avocate attendait.
Colby tendit alors le dossier.
- Écoutez on a découvert que vous avez été impliquée dans un accident de voiture, où un enfant a été tué. - Et visiblement, Sobieski le savait. Si nous avons trouvé, il a dû le trouver aussi. - C'est comme ça qu'il vous a fait chanter ? Et ensuite, il vous a payée ? Pourquoi ? - Vous ne comprenez rien !!! hurla la jeune femme. Je n'avais pas le choix...Je ne savais pas qu'il allait me payer. - Vous avez quelque chose à avouer ? demanda Colby.
L'avocate aux abois savait qu'elle ne pouvait plus rien cacher.
- Bon écoutez moi. J'ai été contactée par un homme qui m'a dit de faire passer un message. Mais je ne pensais pas que cela allait aussi loin. Je suis ensuite retournée à la prison, et nous avons discuté.
Je lui ai fait passer, c'était anodin : "la meilleure chose que vous devriez faire c’est de dire toute la vérité.", il m'a répondu "Je voudrai être sûr que les derniers obstacles seront levés". Rien de plus. Comment aurais-je pu deviner que c’était une condamnation à mort que je transmettais ?
*****
Sortant de la salle, Colby était maintenant persuadé que Sobieski avait vraiment un lien avec cette affaire. Qu'il avait même prévu, de longue date, des mots de passe pour toutes les actions à envisager en cas d’arrestation, et que même la C.I.A. n'avait pas prévu que tout allait se passer comme cela. Mais il savait aussi que les preuves lui manquaient encore. Cependant le témoignage de l'avocate allait leur donner une nouvelle chance d’aboutir. Quand David lui eut fait signer la déposition, Colby demanda alors à la mettre sous protection, et à la surveiller. Il confia cette mission à Liz et Nikki.
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|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection chapitre XXVII Jeu 29 Oct - 19:29 | |
| CHAPITRE XXVII
Maison sécurisée du F.B.I.
Liz et Nikki l'avait accompagnée dans une maison assez éloignée de Los Angeles. Elles avaient pris toutes les précautions possibles. Soudain la C.I.A, en la personne de l'agent Laurton, arriva.
- C'est elle ? L'avocate de Sobieski ? Agent Laurton. Nous allons nous charger maintenant de sa protection. - Désolée, mais c'est à nous de le faire, répondit Nikki peu contente de voir un de ses témoins partir avec ceux qui avaient tenté de les orienter sur une fausse piste. - Je crois que vous n'avez pas beaucoup de choix, après avoir violé des lois...
Mais avant que Laurton achève son explication, le son d'une détonation se fit entendre, et une balle finit son trajet entre les deux yeux de la jeune avocate.
*****
Après le retour des deux jeunes femmes au local du F.B.I., Colby alla dans l'ascenseur pour monter faire le compte rendu de l'enquête à son supérieur. Il arrêta l'ascenseur un moment. Il se rendait compte qu’une fois encore il était dans l'impasse. Les preuves, toutes circonstancielles, ne permettraient pas d'inculper Sobieski pour le meurtre de Don. Les témoins avaient tous disparus. Don n'allait pas être vengé. Il tapa son poing contre une des parois de l'ascenseur.
- Non, ça jamais...Je ne vais pas abandonner. On va le coincer Don. On va l'avoir.
Il réactiva l'ascenseur et repartit faire le compte-rendu de la situation.
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|  | | Cali Moderateur

Messages: 573 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 32 Localisation: juste derrière vous ^^
 | Sujet: Re: Numb3rs Rating G: Mort sous protection. Dim 1 Nov - 18:03 | |
| c'est Cissy qui a fait le découpage en chapitre? non parce qu'ils sont de plus en plus court .... _________________  |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Re: Numb3rs Rating G: Mort sous protection. Dim 1 Nov - 19:21 | |
| tss!!!! Mauvaise langue!!!! Pas ma faute si JB distille au goutte à goutte: soit elle te met des tartines soit c'est service minimum!!!! Et c'est encore à elle de poster en plus!!!!!  _________________  L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous (JP Sartre) Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai à vos côtés jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. (Voltaire) |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Re: Numb3rs Rating G: Mort sous protection. Jeu 5 Nov - 18:22 | |
| tu sais se qu'elle dit la JB: ELLE BOSSE!!! Désolé si je ne peux que poster le week-end, a moins que tu veuilles que tout soit bâclé? Je publierais le reste soit demain, soit samedi. _________________ "Grand-mère forever!!! (Pour Cissy)""Chaque imperfection de l'homme lui permet de faire des miracles.""Commence pour la promo 2009/2012 d'étude infirmière." |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: mort sous protection chapitre XXVIII Ven 6 Nov - 18:42 | |
| CHAPITRE XXVIII
Chez les Eppes
Dans le salon, affalé dans son fauteuil, Alan espérait grandement que les collègues de son fils allaient bientôt arriver pour lui donner des nouvelles de l'affaire, et il trouvait du réconfort dans l'idée que le meurtrier de son fils allait être enfin confondu. Amita arriva avec deux grandes tasses de café, tandis que Larry essayait tant bien que de mal d’assurer le chef de famille que la mort de Don allait être punie. C'est alors qu'on sonna à la porte. Ne voulant nullement qu'Alan se fatigue inutilement, Amita alla ouvrir la porte. Toute l'équipe de Don entra. Saluant tout le monde, ils allèrent tout de suite vers Alan afin de lui annoncer l’évolution de l’affaire. Le cœur bien lourd, aucun n'osait vraiment commencer. C'est alors que Colby prit l'initiative de tout dire.
- Voilà, nous sommes allés voir le procureur afin de donner les preuves que nous avions sur cet homme et sur se qu'il a fait à Don.
Le cœur battant au rythme de l'horloge de la maison, Alan attendait seulement que Colby lui annonce que ce fumier allait enfin payer pour ce qu'il lui avait fait endurer, à lui et à sa famille. Amita mit ses mains sur les épaules du patriarche de la famille, pour l’assurer qu'il avait son soutien dans tous les cas de figure. Larry écoutait d'une oreille attentive la réponse qu'avait fournie le procureur.
- Il a trouvé que nos preuves étaient irrecevables, et imprécises.
Nikki enchaîna :
- Il prétend aussi que nous aurions abusé de nos fonctions pour rechercher des preuves du meurtre de Don.
A ces mots, Alan s'effondra en larmes. Tout ce travail, toutes ces recherches pour rien...Il n'aurait alors jamais la paix. Et cet homme allait s'en sortir?
- Si Robin avait été à sa place, nos preuves auraient été reçues, s'énerva David. - C'est justement parce qu'elle est trop impliquée qu'elle ne pouvait pas être sur cette affaire, répondit calmement Liz en le regardant. - Je reste persuadé qu’il y a un coup de la C.I.A là-dessous. Ce Laurton a dû savoir ce que l'on avait en tête. On était comme des pions, pour lui ajouta Colby.
Alan se passa les mains sur le visage. Cet homme n'allait donc pas payer pour le crime qu'il avait commis sur son fils, et sur sa famille ? Amita tenait la main d'Alan.
- Qu'est-ce que l'on fait maintenant ? demanda Alan.
Ne sachant plus quoi dire, chacun des agent se regardait, se demandant ce qu'il fallait faire, comment agir. Amita et Larry étaient totalement dégoûtés de la tournure que prenaient les choses. Mais malgré toute cette tristesse, malgré le fait que rien n'allait, Colby gardait toujours en lui un incroyable espoir, et une flamme dans les yeux. Il dit alors d'une voix claire et précise :
- Ne vous inquiétez pas Monsieur Eppes. Nous allons reprendre tout et arrêter ce fumier. Je vous le promets.
*****
Seul dans sa chambre, les yeux fixés au plafond, Charlie ne bougeait pas, ne parlait pas. Aucun bruit ne lui arrivait au cerveau. Aucune once de chaleur ou de conscience ne l'atteignait. Il ne faisait pas attention au monde qui l’entourait. La seule chose qu’il entendait, c’était une voix dans sa tête qui répétait inlassablement :
- Tu viens avec moi Charlie ? - Bien sûr que je viens avec toi. Tiens ma main, on ne se lâche pas grand frère, jamais ! » (A suivre...) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - chapitre 29 Dim 8 Nov - 1:11 | |
| CHAPITRE XXIX Tribunal fédéral, Los AngelesL’équipe toute entière était présente bien avant que ne s’ouvrent les grandes portes de la salle d’audience. Pour rien au monde ils n’auraient manqué ce rendez-vous : aujourd’hui s’ouvrait le procès de Wladimir Sobieski et chacun d’eux avait posé un jour de congé pour être là, ce premier jour. Ils devaient voir le monstre qui les avait privés de leur patron et ami, qui avait détruit une famille au sein de laquelle ils allaient si souvent se ressourcer entre deux enquêtes éprouvantes. Par la suite, il était convenu qu’ils se relaieraient aux audiences et ce jusqu’à la condamnation dont ils ne voulaient pas douter. Ils étaient agités par des sentiments contradictoires : à la fois heureux qu’enfin Sobieski soit jugé, et atrocement déçus que ce ne soit pas pour le meurtre de Don. Mais ils se contenteraient de le voir être condamné à la prison à perpétuité, en attendant de pouvoir réunir assez de preuves pour le ramener devant le tribunal pour avoir commandité l’assassinat de leur ami. Et là, il n’aurait plus d’autre échappatoire que l’injection létale ! C’était encore trop bon pour lui ne pouvait s’empêcher de penser Colby, seul à avoir rencontré ce monstre, à avoir enduré son ironie, et à avoir perçu sa jubilation intense à la fois d’avoir réussi son coup, mais aussi de leur impuissance à trouver quoi que ce soit contre lui malgré leurs certitudes. En effet, depuis trois semaines maintenant que Don les avait quittés, et malgré tous leurs efforts, ils n’étaient pas plus avancés qu’au premier jour de l’enquête, sauf qu’ils connaissaient le coupable. Mais puisqu’ils ne pouvaient rien prouver, ils étaient aussi impuissants que s’ils n’avaient rien su. D’ailleurs cela aurait peut-être mieux valu. Ils se seraient peut-être sentis moins minables. C’était une véritable frustration que de connaître le meurtrier sans pouvoir agir contre lui. Les quatre agents se placèrent côte à côte au troisième rang, et regardèrent avec curiosité entrer l’accusé enchaîné. Nikki, Liz et David, qui ne le connaissaient qu’en photo, frémirent de tout ce qu’il dégageait de cruauté et d’assurance. On aurait dit qu’il était certain qu’il échapperait au pire. Ils comprirent pourquoi lorsqu’ils entendirent les avocats de la défense demander, purement et simplement, l’annulation des charges qui pesaient sur leur client du fait de manque de preuves, suite au décès des cinq témoins susceptibles de corroborer les accusations qui pesaient sur lui. Les quatre agents se figèrent : ce n’était pas possible ! Ce monstre ne pouvait pas… Dans le même temps, David se sentait infiniment soulagé que ni Alan ni Charlie ne soient là. Cela aurait achevé de les détruire : que ce criminel puisse passer à travers les mailles du filet grâce à l’élimination impitoyable de ceux qui pouvaient le perdre, c’était à désespérer de tout le système ! Cependant, le juge Accabolt n’était pas de ceux qui se laissent facilement manipuler. - Monsieur le procureur ? Que pensez-vous de la demande de la défense ? Etes-vous en mesure de prouver la culpabilité de l’accusé ? - Sans aucun doute votre honneur. Nous avons ici assez de preuves pour établir le lien entre monsieur Sobieski et différents meurtres ayant été commis au cours des trois dernières années. Plusieurs personnes ont témoigné contre lui et, même si, malheureusement certaines d’entre elle… Ici on entendit distinctement le ricanement narquois de Sobieski qui semblait trouver que l’expression « certaines d’entre elles » était un doux euphémisme. Le juge demanda sèchement à la défense de contrôler son client s’il ne voulait pas être accusé d’outrage à magistrat. Le procureur, finalement heureux de l’interruption qui montrait bien le vrai visage de l’accusé qui venait de se desservir lui-même auprès du jury, horrifié de voir qu’il pouvait se moquer de la mort de plusieurs personnes, quand bien même il ne serait pour rien dans cette mort, reprenait : - …si malheureusement certaines d’entre elles… Il fit une pause, comme s’il attendait une nouvelle interruption de Sobieski. Mais celui-ci, après que son avocat se soit penché vers lui lors de l’admonestation du juge, se tint coi. - …sont aujourd’hui décédées, il n’en reste pas moins que leurs témoignages ont été consignés par des officiers assermentés et qu’ils sont donc recevables par la cour. - Ceci, Maître, c’est à moi seul d’en décider, rétorqua le juge. David frémit. Certes le juge Accabolt était connu pour être intègre, mais il avait aussi la réputation, justement à cause de cette intégrité, de ne jamais pencher ni vers l’accusation, ni vers la défense. Il s’en tenait strictement à la législation et aux faits. Cela était parfois un avantage, parfois un inconvénient. En tout cas, il ne se laisserait manipuler par personne, ni par la défense, ni par l’accusation. - J’en suis conscient Votre Honneur, répondait le procureur. Mais nous comptons démontrer la recevabilité de ces pièces. De même que nous comptons démontrer l’implication de monsieur Sobieski dans la mort de quatre des cinq témoins… - Objection Votre Honneur ! clama l’un des avocats de la défense en se levant d’un bond. - Nous n’en sommes pas encore aux débats Maître, lui répliqua le juge. Nous n’en sommes qu’à l’exposé préliminaire. Il me semble que vous avez assez d’expérience du prétoire pour ne pas confondre les différents stades d’un procès, je crois ? Le ton subtilement ironique du magistrat rasséréna soudain les quatre agents : non, il n’avait pas l’intention de laisser Sobieski s’en tirer si facilement. Visiblement, il n’était pas dupe des manières de la défense. Dompté, l’avocat se rasseyait sans un mot et le procureur reprit son exposé à l’intention du jury. Lorsqu’il eut terminé, l’un des avocats de la défense fit à son tour son exposé préliminaire en insistant lourdement sur le fait que l’accusation ne pourrait présenter aucune preuve directe, et il appuya à plusieurs reprises sur le mot DIRECTE, de l’implication du prévenu dans aucun des décès dont il avait été question. ***** A l’issue de ces préliminaires, le juge annonça une suspension d’audience et les quatre agents se retrouvèrent dans les longs couloirs, échangeant leurs réflexions sur ce qui venait de se passer. Ils ne savaient pas trop s’ils devaient se montrer confiants ou pas. Mais ce qu’ils savaient, par contre, c’est que si Sobieski sortait libre de ce tribunal, ils ne se le pardonneraient jamais. Ils n’étaient pas naïfs. Ils réalisaient bien qu’ils n’auraient plus jamais l’occasion de remettre la main sur lui s’il était libéré à l’issue du procès. Quelles que soient les preuves éventuelles qu’ils réussiraient à réunir contre lui, il serait trop tard : réfugié à l’étranger, il serait hors de leur juridiction. Et comment, dans ce cas, expliquer à Alan, et plus encore à Charlie, que Don ne serait jamais vengé ? Comment leur dire que sa mort aurait été complètement inutile ? - Au fait, je croyais bien qu’on verrait l’agent Laurton, remarqua soudain Liz en regardant autour d’elle. - C’est vrai. Lui aussi semblait pourtant impatient de voir condamner Sobieski, appuya Nikki. - Huumm !! se contenta de grogner Colby. - Quoi ? questionna David. Tu ne penses pas qu’il voulait le coffrer toi ? - Je n’en sais rien. Depuis le début cette affaire pue ! Je n’ai aucune confiance dans la C.I.A. Elle n’agit que dans son propre intérêt et je ne suis pas sûr que la condamnation de Sobieski soit de son intérêt. - Que veux-tu dire ? commença Liz. Mais la reprise de l’audience empêcha Colby de préciser son point de vue. Les quatre agents pénétrèrent à nouveau dans l’enceinte du tribunal et retrouvèrent leurs sièges. A nouveau les avocats de la défense présentèrent leur requête pour annulation, à nouveau le procureur protesta, et les deux hommes se lancèrent dans des arguties juridiques où l’assistance perdit rapidement pied. Finalement, le juge demanda : - Monsieur le procureur, avez-vous ne serait-ce qu’un témoin à nous présenter ? Sinon, quoi que j’en pense, je me verrai dans l’obligation de prononcer un non-lieu. Liz ferma les yeux, anéantie. Ce n’était pas possible ! Ce monstre n’allait pas s’en tirer comme ça ? Pas après ce qu’il avait fait à Don ! - Monsieur le juge, avant de continuer, je me vois contraint de demander un huis clos. - Objection Votre Honneur ! explosa aussitôt l’avocat de la défense en se dressant sur ses pieds. - Objection rejetée maître et ce d’autant que vous ne savez pas plus que moi ce qui motive cette demande. Monsieur le procureur, pourquoi un huis clos ? La réponse du procureur le surprit, comme elle surprit toute l’assistance. Quand à Sobieski, une bombe explosant à ses pieds ne l’aurait pas plus secoué. - Nous avons bien un témoin Votre Honneur. - Quoi ? Qu’est-ce que ?… Je proteste Votre Honneur, clama l’avocat qui s’était fait admonesté un peu plus tôt. - Contre quoi protestez-vous encore Maître ? Plus que le « encore », le ton du juge Accabolt témoignait d’une lassitude voire d’un début d’hostilité à l’égard de cet avocat retors qui ne faisait pas honneur à la profession qu’il avait choisie, non par son habileté, manifeste, mais par les causes qu’il défendait, guidé par le seul appât du gain. - Nous ne sommes pas au courant de ce témoin de dernière minute. Il y a vice de procédure. La défense doit nous informer des pièces qui sont en sa possession. Or, à aucun moment il n’a été porté à notre connaissance l’existence de témoins en dehors des cinq qui ont malencontreusement disparu depuis. Le reniflement de Sobieski sur le « malencontreusement » donna à Colby une furieuse envie de sauter par-dessus la balustrade qui séparait la partie cour de la partie public et de se ruer sur lui pour l’assommer à coups de poings. - Monsieur le Procureur ? Les allégations de la défense sont-elles exactes ? demanda le juge en se tournant vers l’accusation. - Pas tout à fait Votre Honneur. Notre témoin figure bien sur la liste donnée à la défense… - C’est faux Votre Honneur ! - Maître, vous aurez l’obligeance de bien vouloir éviter de hurler : je ne suis pas sourd. Par ailleurs, je vous serais gré de laisser votre confrère terminer ses phrases ! Ainsi remis à sa place pour la troisième fois de la journée, l’avocat sembla se le tenir pour dit, du moins pour le moment. - Nous vous écoutons maître, reprit alors le juge. Vous dites avoir fourni l’identité de votre témoin à la partie adverse ? - En effet Votre Honneur. Mais, je vous demande instamment, avec tout le respect qui vous est dû ainsi qu’à la cour, de prononcer le huis clos. La sécurité de ce témoin est en jeu. Alors que l’avocat de la défense allait à nouveau protester, le juge Accabolt coupa court à toute récrimination de sa part en ordonnant d’un ton sec : - Dans mon bureau, tout de suite ! L’assistance se leva et le juge sortit par la porte latérale, suivi du procureur et des avocats de la défense, laissant l’auditoire en proie à des sentiments confus. Les quatre agents, notamment, étaient au supplice. Que se passait-il ? Qui était le mystérieux témoin que la défense semblait sortir de son chapeau comme un prestidigitateur sort un lapin du sien ? Qui était assez téméraire pour se dresser devant Sobieski, sachant le sort réservé à ceux qui osaient le faire ? (à suivre) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - chapitre 30 Dim 8 Nov - 20:46 | |
| CHAPITRE XXX Tribunal Fédéral, Los AngelesA ce moment-là, un huissier vint leur dire que le juge les demandait dans son bureau. Etonnés, les quatre agents se rendirent à la convocation. - Vous nous avez demandé monsieur le juge ? demanda Colby. - En effet. Le procureur prétend que vous pourrez m’apporter des précisions quant au danger que pourrait encourir son témoin si je n’accordais pas le huis clos. - J’ai parlé de l’agent Eppes au juge Accabolt dit alors le procureur. Colby lui jeta un regard reconnaissant. Finalement, même s’il avait refusé de poursuivre celui qu’ils savaient être responsable de la mort de leur ami, faute de preuves suffisantes, le procureur était bien de leur côté. - Je proteste Votre Honneur ! déclara l’avocat de la défense. - Je n’en doute pas maître, lui rétorqua le juge. Maintenant, si vous permettez, j’aimerais entendre ce que ces agents ont à dire. Lorsqu’ils quittèrent le bureau du juge après lui avoir dit tout ce qu’ils savaient de Sobieski, les quatre agents se regardèrent, se demandant qui pouvait être le mystérieux témoin. Nikki émit l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’un criminel repenti. Colby admit que c’était le plus probable mais, dans ce cas, rien n’était gagné : ces repris de justice qui collaboraient le plus souvent en échange de remises de peine, avaient assez peu la côte auprès d’un jury. Ils ne purent pas discuter très longtemps, déjà la cour revenait. Le visage du juge était impénétrable tandis qu’il prenait place derrière son haut pupitre. - Bien, compte tenu des éléments apportés par l’accusation, je prononce le huis clos. Huissier, veuillez faire sortir l’assistance s’il vous plaît. Décontenancés, abasourdis par la tournure que prenaient les événements, les quatre agents se retrouvèrent à l’extérieur du palais de justice sans avoir rien compris à ce qui venait de se passer. A ce moment-là, Colby aperçut Laurton et se précipita vers lui. - Qu’est-ce que c’est que ce mic-mac ? interrogea-t-il. - Je n’en sais pas plus que vous agent Granger, rétorqua Laurton. - Comme si j’allais vous croire. Qu’est ce que vous manigancez encore ? Il saisit l’homme par le col et David s’interposa pour les séparer. - Viens Colby, ça ne sert à rien. Dans un geste d’impuissance, l’agent Granger comprit qu’en effet tout ça n’aurait servi à rien. Il venait de réaliser que, vraisemblablement, la C.I.A. avait joué avec eux depuis le début. S’il y avait un témoin capable de faire condamner Sobieski, l’agent Laurton était forcément au courant. Et s’il n’avait rien dit, c’était parce que ça servait ses intérêts. Quels étaient ceux-ci ? Il ne le saurait sans doute jamais. Tout ce qu’il savait, c’est qu’ils étaient, une fois encore, impuissants à entraver le cours des choses. - Viens Colby, Alan doit nous attendre, lui dit Liz. Alan ! Comment lui apprendre ce qui venait de se passer ? Comment allait-il réagir en comprenant que l’assassin de son fils avait toutes les chances d’échapper à son sort, protégé par une agence gouvernementale ? Il prit une profonde inspiration et, tandis que Laurton s’engouffrait dans le palais de justice il lui cria : - Ce n’est pas terminé Laurton, croyez-moi, ce n’est pas terminé ! (à suivre) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - Chapitre 31 Dim 8 Nov - 20:50 | |
| CHAPITRE XXXI Tribunal Fédéral, Los AngelesPendant ce temps-là, dans la salle désormais désertée à l’exception des membres du jury, du juge, des huissiers, du greffier, de l’accusé et des avocats de la défense et de l’accusation, le bras de fer entre procureur et défenseurs se poursuivait. A la question du juge, lui imposant d’attester que la défense connaissait l’identité du témoin qu’il comptait appeler à la barre, le procureur venait de répondre : - Nous avons communiqué ce nom à la défense dès les premiers jours d’enquête Votre Honneur. - Votre Honneur, je peux vous assurer que… D’un seul regard, le juge fit taire l’avocat tandis qu’il semblait attendre des précisions de la part du procureur. - En fait, le témoin que nous allons appeler figure sur la liste de la défense depuis le départ. - Soyez plus clair Maître. - Il se trouve que notre témoin est l’un des cinq témoins figurant sur la liste préliminaire. - Mais… Ils sont morts il me semble. Pour la première fois depuis le début des débats, le juge Accabolt semblait perdre pied. Sobieski, lui avait pâli, comme s’il venait d’être mis devant une réalité inconcevable. - C’est ce que nous avons voulu faire croire Votre Honneur. - Seriez-vous en train de me dire que ces témoins sont vivants ? - Malheureusement non Votre Honneur. Seul l’un d’entre eux a survécu à la tentative d’assassinat dont il a été victime, bien qu’il ait été sérieusement blessé. Nous l’avons alors mis à l’abri en faisant croire à tout le monde qu’il avait péri dans l’opération. - Votre Honneur, cela est totalement… L’avocat n’arrivait même plus à trouver ses mots tant il était stupéfait de ce qui arrivait. Quand à son client, son teint virait au grisâtre : il venait de comprendre qu’il avait été joué ! - Cela est totalement… légal, termina le juge narquois. L’accusation avait tout à fait le droit de mettre son témoin à l’abri. Plus que le droit, je dirais même qu’elle en avait le devoir. - Mais en agissant ainsi, en nous cachant qu’il avait survécu, elle nous a privé de l’occasion de l’interroger pour nous assurer de sa crédibilité. - Et bien, vous aurez tout le loisir de l’interroger dans ces lieux, dès qu’il aura terminé de déposer. - Votre Honneur ce n’est pas régulier… Nous pourrions avoir besoin d’enquêter suite aux révélations de ce témoin. - Auquel cas je vous accorderai du temps maître. D’autres objections ? - Aucune Votre Honneur ! Vaincu, l’avocat se rassit. Sobieski se pencha alors et s’adressa à lui de manière virulente, à voix basse. L’avocat se contenta de hausser les épaules dans un geste d’impuissance. Pour le moment ils ne pouvaient qu’attendre et voir venir. - Maître, vous pouvez introduire votre témoin. Il est bien ici j’espère ? - En effet Votre Honneur. Nous l’avons fait entrer dans le plus grand secret et il était confiné dans une pièce du tribunal en attendant votre décision. - Et si je n’avais pas prononcé le huis clos ? - Nous avions confiance Votre Honneur. Le juge sourit légèrement à ce compliment subtil. Après tout, être impartial ne l’empêchait pas d’être humain malgré tout. - J’ai une autre requête à avancer Votre Honneur, continua le procureur. - Je vous écoute. - Nous demandons que le garde du corps de notre témoin puisse assister aux débats. - Il y a assez peu de chance qu’on attente à la vie de votre témoin dans cette enceinte maître. - J’en suis conscient Votre Honneur, mais… - Après tout, si la défense n’y voit pas d’objection… Les avocats se contentèrent d’un geste de dénégation. Ils semblaient anéantis par la tournure que prenaient les événements, eux qui étaient si sûrs, en entrant dans le tribunal, d’avoir gain de cause. - Dans ce cas… Huissier, faites entrer le témoin, ordonna le juge. L’huissier sortit, suivi par les yeux anxieux de Sobieski. Pour la première fois, celui-ci comprenait qu’il avait peut-être bien perdu la partie. Il le comprit plus encore envoyant entrer deux hommes à la suite de l’huissier. L’un d’eux était l’agent Laurton et la lueur de triomphe qu’il lut dans les yeux de ce dernier lui fit comprendre que son cas était sans doute encore plus désespéré qu’il ne le croyait. D’ailleurs, il en prit conscience en reportant ses yeux sur l’autre homme. C’était un homme entre trente et quarante ans, brun, de taille moyenne, le bras gauche retenu en écharpe et dont le visage portait une profonde entaille à la joue et un hématome encore très visible sur le front. Il était pâle mais visiblement déterminé. Il s’avança lentement vers l’huissier et prêta serment d’une voix forte et ferme. Puis il s’installa dans le siège des témoins. Sobieski ne le quittait pas des yeux : il avait déjà vu cet homme, mais il y avait des mois de cela… C’était un peu avant son arrestation. Et il lui semblait qu’il n’était pas tout à fait ainsi. C’était… Oui, il était blond à l’époque… Et soudain il se souvint : Lars Saurvesson ! C’était ça ! et donc… Un juron lui échappa qui lui valut un nouvel avertissement du juge. Son avocat se tourna vers lui pour lui demander qui était cet homme et ce qu’il pouvait savoir sur lui, mais un coup d’œil au visage de son client lui fit comprendre que ce n’était sûrement pas le moment de s’enquérir de ces détails que, de toute façon, il allait entendre dans les minutes qui venaient. L’huissier déclarait : - Veuillez décliner vos noms, prénoms et profession. Sobieski réprima un gémissement de rage en entendant l’homme confirmer ce qu’il savait déjà : - Eppes, Donald, agent spécial au F.B.I. (à suivre) |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: Mort sous protection XXXII Mar 17 Nov - 17:41 | |
| CHAPITRE XXXII
Maison des EppesEn route vers la maison des Eppes, après avoir quitté le tribunal, Colby et David étaient en train de se poser la question de savoir si ce témoin allait faire toute la différence. Mais peu importait ce que cela faisait : il fallait à tout prix faire payer ce crime à Sobieski. David regarda son collègue. - Colby. Il vaut mieux renoncer. Nous n'avons aucune preuve, rien qui permette de confondre l'assassin de Don. Il vaudrait mieux... - David. J'ai promis à Alan que je trouverai des preuves contre lui. Je ne laisserai pas cette affaire en suspens tant que je n'aurai pas vu ce fumier croupir dans une prison pour le reste de sa vie. - Je comprends ta motivation, mais nous avons bravé des interdits, et tout cela nous a mené à rien. - Alors on réessayera, encore et encore. Jusqu'à ce que je trouve...
David resta muet, impressionné, mais aussi inquiet de l'attitude de son collègue. Le voyant ainsi Colby se reprit :- Désolé vieux, ce n'est pas se que je voulais dire. Nous allons continuer l'enquête, et si nous ne trouvons pas d'autres indices, alors je laisserai tomber. Mais je veux encore tenter ma chance. Parce que si ce témoin ne donne rien, alors ce mec sera libre de ses mouvements et je ne me le pardonnerai pas. - Le juge pense que nous avons outrepassé nos fonctions. C'est pour ça qu'il n'a pas voulu que nous assistions à l'audience alors qu’il aurait pu nous le permettre en qualité d’agents fédéraux. - J'en parlerai à Laurton, pour avoir le plus d'informations possibles. Et nous reprendrons tout depuis le début si nécessaire.
*****
Dans la seconde voiture, Liz et Nikki étaient d'abord restées silencieuses, fermées. Ce fut Nikki qui brisa le silence. - J'espère qu'ils vont le coller en taule ce monstre. J'espère que personne ne va permettre de le faire sortir. - Nous devons penser positivement, et rester confiantes en l'avenir. Le juge a l’air réglo. Je crois qu'il va payer. - Mais pas assez, ils ne vont pas tenir compte de la vie de Don qui a été sacrifiée ! En entendant cela, Liz repensait à tout ce qu'elle avait vécu avec cet homme. Comment pouvait-on ne pas prendre en compte la mort de cet agent ? Comment pouvait-on permettre à ce criminel de sacrifier cet homme pour le simple plaisir de l'argent ?- Si Don était à notre place, il aurait prouvé sa culpabilité et il lui aurait sûrement donné une leçon.
Nikki repensa alors à la manière dont aurait réagi Don. Il aurait sans doute été capable de flanquer une raclée à Sobieski et lui aurait donné des coups pour lui faire comprendre qu'il n’aurait pas dû s'en prendre à ses collègues. Certes il aurait sûrement enfreint le règlement. Mais cela lui aurait été égal. Oui, il aurait tout fait contre ce criminel, pour eux. - Très bien. On va chercher tous ceux qui l'ont aidé, et on trouvera, oui on trouvera un moyen de le coller en prison pour tous les crimes qu'il a commis. Et surtout pour celui-là ! (A suivre...) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - chapitre 34 Mar 17 Nov - 19:49 | |
| CHAPITRE XXXIIII Tribunal fédéral Los AngelesL’agent Laurton regardait et écoutait Don qui, calmement, d’une voix posée, répondait aux questions précises du procureur. Bien que le juge ait prononcé le huis clos, il avait été admis à rester dans la salle, au titre de garde du corps du témoin. Il tenait par-dessus tout à être là, à voir le visage de Sobieski lorsque celui-ci comprendrait que le jeu était fini et qu’il l’avait perdu ! Le jeu ! Il eut un rictus d’amertume. Quel genre de type était-il devenu à pouvoir ainsi qualifier de jeu plus de trois ans de quête acharnée durant laquelle tant de personnes avaient perdu la vie et tant d’autres avaient vu la leur bouleversée pour ne pas dire détruite ? Même cet agent qui, en ce moment même, de sa voix bien timbrée et claire, creusait le trou dans lequel Sobieski allait se trouver enterré jusqu’au cou, n’avait pas vraiment idée de tout ce qui s’était produit, de toute la minutieuse machinerie qui avait été mise en branle pour parvenir à ce résultat. Aujourd’hui Edwin Laurton aurait dû être fier de lui : il avait mené à bien, une fois de plus, la mission que le gouvernement lui avait assignée. Et la crise qui en était résultée entre les patrons du F.B.I., furieux d’apprendre que leur agent soi-disant mort était en fait placé sous protection à leur insu, et ceux de la C.I.A. qui avaient défendu leur stratégie et la nécessité d’un strict secret y compris vis-à-vis des hautes sphères du bureau, ne lui faisait ni chaud ni froid : que les gros poissons se dévorent entre eux ! Mais l’amitié qu’il ressentait pour Don lui laissait un goût amer dans la bouche : il l’avait trompé, il lui avait menti et il savait que, lorsqu’il l’apprendrait, l’agent ne voudrait plus jamais rien avoir à faire avec lui. Il se secoua : c’étaient les risques du métier ! On ne faisait pas ce qu’il faisait pour tisser des liens avec les autres. A la C.I.A. on était seul, tout le temps : ne faire confiance à personne, ne dépendre de personne. C’étaient ses clés pour rester en vie, et ça lui avait plutôt bien réussi jusqu’ici. Il se sentait fatigué d’un seul coup. C’avait été une rude bataille. ***** Flash backIl se rappelait encore de leur rage, trois ans plus tôt : cela faisait déjà des mois qu’ils travaillaient sur le réseau de Sobieski. Celui-ci était devenu l’ennemi public n°1 pour eux, à l’insu de toute la société américaine. Par ses contacts, par ses manœuvres, il devenait chaque jour plus puissant et plus dangereux. Il ne reculait devant rien : tout était bon pour faire de l’argent. Les mots honneur, patriotisme, humanité, pitié lui étaient totalement étrangers. Il aurait mis son propre pays à feu et à sang pour son profit personnel. Le petit jeu incessant qu’il menait avec les groupes terroristes les plus dangereux de la planète devenait extrêmement risqué et les services secrets voulaient y mettre un terme. Ils avaient deux options : la première faire abattre Sobieski mais, outre que celui-ci était particulièrement prudent, un de ses lieutenants pouvait très bien prendre la relève et tout serait à refaire ; la seconde était de faire en sorte de le faire travailler pour eux. Ainsi ils pourraient contrôler ce qu’il vendrait et à qui il le vendrait. De plus, ils auraient ainsi une mine d’informations inestimable sur qui préparait quoi, à quel endroit du globe. La deuxième option avait bien entendu recueilli leurs faveurs. Mais il était bien difficile de réussir à intimider Sobieski et les morts s’accumulaient sur son passage : innocents pris entre deux feux, gêneurs aux yeux du criminel ou agents démasqués qui, eux, mourraient dans des circonstances effroyables. Et puis la chance avait semblé enfin leur sourire. Environ trente mois auparavant, un des principaux lieutenant de Sobieski s’était fait piéger et, pour sauver sa peau, il avait accepté de collaborer. C’est ainsi qu’il leur avait parlé de Lars Saurvesson, un intermédiaire entre un groupe terroriste de premier plan et Sobieski. Ils devaient se rencontrer quelques mois plus tard et lui était chargé de tout organiser. C’était l’occasion ou jamais de tenter à nouveau d’introduire un agent dans la place. Ils avaient donc passé en revue leurs agents capables de se faire passer pour ce Lars Saurvesson : un type de taille et de corpulence moyennes, de grands yeux noisettes, un visage fin et des cheveux blonds. Le problème était que Sobieski savait exactement à quoi ressemblait son contact, donc, pas question de lui refiler n’importe qui : il fallait qu’il y ait une réelle ressemblance. Par ailleurs, le gars était censé connaître parfaitement deux villes des Etats-Unis pour avoir exercé longtemps dans la première et avoir été élevé dans la seconde : Albuquerque et Los Angeles. Il avait aussi beaucoup voyagé à travers le pays. La poisse avait de nouveau fait son apparition : aucun agent de la C.I.A. ne correspondait totalement à l’aspect physique et, si à maintes occasions, l’agence avait eu recours à la chirurgie esthétique pour donner l’apparence voulue à un agent, le temps, en l’occurrence leur manquait cruellement. Celui qui dirigeait alors l’enquête avait lancé une recherche sur d’autres agents fédéraux et le nom de l’agent Don Eppes était sorti du chapeau : connu pour sa probité, sa loyauté et son efficacité, il correspondait tout à fait au profil de Saurvesson. On aurait même pu dire qu’il en était son sosie, n’eut été la couleur de ses cheveux. Mais des cheveux, cela se décolore ou se teint ! Par ailleurs, il avait exercé et à Albuquerque et à Los Angeles, ville dans laquelle il avait d’ailleurs été élevé, à l’instar de Saurvesson, et la période durant laquelle il avait été chargé de retrouver les prisonniers évadés l’avait amené à parcourir les Etats-Unis dans tous les sens. Il semblait donc tout à fait apte à remplir le rôle auquel on le destinait. Ce n’était pas l’agent Laurton qui avait pris contact avec Don à l’époque. Cette mission avait été dévolue à un de ses collègues qui était revenu de son entretien avec l’agent du F.B.I. un tant soi peu découragé : visiblement celui-ci ne voulait rien entendre. Non pas qu’il ait peur, d’autant plus que, fidèle à son habitude, la C.I.A. s’était bien gardée de lui donner certains détails, comme le genre de mort qui l’attendait si jamais il était démasqué. Laurton se souvenait encore, plus de trois ans après, de la rage folle et de l’immense compassion qui l’avait envahi à la découverte du corps du dernier agent qu’ils avaient réussi à infiltrer dans l’organisation du criminel. Le malheureux avait dû mettre des jours à mourir dans d’atroces souffrances : Sobieski pouvait se montrer pire qu’un animal. Non, ce qui empêchait Don d’accepter la mission, c’était la peur d’inquiéter sa famille. Il avait déjà travaillé sous couverture et savait très bien ce que cela voulait dire : aucun contact avec qui que ce soit de connaissance durant tout le temps de la mission. Et il ne voulait pas infliger ça à sa famille, il disait n’en avoir pas le droit. On ne pouvait pas le contraindre à accepter : après tout, il jouait sa vie et s’il s’inquiétait pour les siens, il ne serait pas sur ses gardes autant que le nécessitait l’opération délicate à laquelle il participait. Le directeur d’enquête en personne s’était alors déplacé pour rencontrer Don. Il avait réalisé qu’il n’y aurait rien à en tirer : l’agent insistait sur le fait qu’il avait déjà fait vivre des heures difficiles à sa famille pendant qu’il traquait les criminels en fuite et qu’il s’était promis que ça n’arriverait plus. Et puis la mort de sa mère le rendait d’autant plus protecteur envers son père et son frère et il se refusait à leur infliger l’angoisse de le savoir dans une situation dangereuse sans jamais être sûrs qu’il allait bien. Par contre, le directeur n’avait décelé aucune fausseté dans l’excuse avancée par Don pour refuser : il ne s’agissait en aucune façon de peur pour lui-même, qui aurait pourtant été bien compréhensible ; son unique but était bien de protéger les siens. Bon, ils avaient encore quelques semaines devant eux. Et l’efficace machinerie de la C.I.A. s’était mise en action sans tarder. Charlie avait reçu une proposition de la NASA que le jeune mathématicien pouvait difficilement ignorer : travailler avec Amita et Larry sur des calculs en vue d’organiser le prochain vol spatial, c’était tout simplement grisant et il ne pouvait être question de refuser, même si le fait de devoir s’installer en Floride durant dix à douze semaines ne le tentait pas particulièrement. Mais le moyen de tourner le dos à un tel défi ? Alan, quant à lui, s’était trouvé sollicité par les promoteurs d’un grand centre commercial de Boston : on avait entendu parler de lui, de ses compétences et il était l’homme qu’il leur fallait pour les deux mois à venir. Tenté, il avait hésité à quitter ses fils si longtemps, mais, lui non plus n’avait pas su résister à l’appel de sa vocation. Et Don, en l’espace de trois jours, s’était retrouvé confronté à un père et un frère tout aussi excités l’un que l’autre, se renvoyant la balle dans leur enthousiasme mutuel tandis que lui, comprenant que tout ceci n’arrivait pas par hasard, réalisait que les deux mois suivants allaient être bien difficiles en ce qui le concernait. Un moment, Charlie et Alan s’étaient d’ailleurs inquiétés de lui : qu’allait-il devenir durant tout ce temps sans au moins l’un des deux à ses côtés ? Ce à quoi il leur avait rétorqué qu’il était bien assez grand pour veiller sur lui et qu’ils ne pouvaient pas refuser les opportunités qui s’offraient à eux. Bien évidemment, ils s’étaient promis de se téléphoner souvent. Bien évidemment, les appels avaient été plus que rares, chacun étant terriblement occupé. D’ailleurs, sans qu’ils en aient réellement conscience, ni Alan ni Charlie n’avaient jamais parlé en direct à Don. Il semblait que celui-ci soit toujours absent lorsqu’ils appelaient et, inversement, qu’il appelle toujours lorsque eux-mêmes étaient indisponibles. Là encore, la C.I.A. avait fait des merveilles, avec l’accord de l’agent déterminé à éviter la moindre inquiétude à sa famille. Il avait enregistré plusieurs messages différents ainsi que des listes de phrases qu’il était à même de prononcer. Son téléphone était resté dans les services techniques de Langlee. Ainsi les messages de son père et son frère étaient écoutés et, en fonction, on leur renvoyait l’un de ceux qu’il avait enregistrés ou on en « fabriquait » un à l’aide d’un logiciel sophistiqué en s’appuyant sur la base des mots qu’il leur avait laissés. Apparemment, trop pris par leurs occupations pour se rendre compte de l’improbabilité de ne jamais réussir à lui parler en direct, ni Charlie ni Alan n’avaient pas eu le moindre doute durant cette période. La C.I.A. avait aussi fait en sorte d’écarter chacun des membres de l’équipe de Don pour avoir aussi le champ libre de ce côté-là. C’avait été beaucoup de travail, beaucoup de manœuvres en sous-main, mais ça avait payé. Parce que l’agent Eppes avait rempli sa mission bien au-delà de ce qu’ils attendaient de lui et que, en grande partie grâce à lui, Sobieski avait enfin été appréhendé. Le plus ironique de l’histoire était que le criminel n’avait jamais soupçonné le soi-disant Lars Saurvesson d’être un agent inflitré. Quant au vrai Saurvesson, même Laurton ne sut jamais ce qu’il était advenu de lui. (à suivre) |
|  | | Cali Moderateur

Messages: 573 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 32 Localisation: juste derrière vous ^^
 | |  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - chapitre 34 Mer 18 Nov - 19:24 | |
| CHAPITRE XXXIV Tribunal de Los AngelesUn instant, l’agent Laurton revint au présent : la salle du tribunal, vide de toute présence à l’exception de toutes les parties prenantes au procès. Don parlait toujours : il répondait alors à une question sur les circonstances de son « décès ». Par sa bouche, Laurton se retrouva alors plongé trois semaines auparavant. ***** Trois semaines avant : clinique de la C.I.A.Don se réveilla lentement. Il avait la tête lourde et la bouche sèche. Il voulut tendre le bras pour attraper son réveil et un cri de douleur lui échappa. Il entendit soudain une porte s’ouvrir et une voix féminine lui demanda - Vous êtes réveillé agent Eppes ? Il ouvrit les yeux, et questionna à son tour : - Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans ma chambre ? Elle éclata d’un rire clair avant de répondre : - Mais vous n’êtes pas dans votre chambre. Et soudain, il prit conscience de ce qui l’entourait : murs blanc cassé, ameublement minimal, poste de télévision rivé en hauteur, le décor typique d’une chambre d’hôpital. S’il en eut encore douté, le moniteur installé à son chevet et la perfusion qui aboutissait quelque part sous la chemise dont il était vêtu auraient fini par le convaincre. Il tenta de se relever et un gémissement de souffrance lui échappa : son bras était épouvantablement douloureux. Elle s’approcha de lui, compatissante et l’aida à se redresser. - Vous avez mal ? - Ca va aller, dit-il en grimaçant. Mais que s’est-il passé ? Qu’est-ce que je fais là ? - Ecoutez, l’agent Laurton va venir vous expliquer tout ça. En attendant, voulez-vous boire quelque chose ? - Oui, je veux bien, j’ai soif. Elle approcha un verre de sa bouche de manière à ce qu’il puisse saisir la paille entre ses lèvres. Il but longuement et se laissa retomber sur les oreillers avec un soupir d’aise. Il se sentait mieux. La jeune femme quitta alors la chambre en lui disant : - Je vais avertir le docteur Clark que vous êtes réveillé. Et l’agent Laurton aussi. Avant qu’il ait pu lui poser une autre question, elle s’était éclipsé et il resta seul, en proie à des interrogations obsédantes. Que faisait-il là ? Que s’était-il passé ? Il tentait vainement de se remémorer les événements qui l’avaient conduit dans ce lit. A force de torturer sa mémoire, il finit par se souvenir avoir quitté la maison après le repas, être monté dans sa voiture pour se rendre au F.B.I où il y avait apparemment du nouveau sur l’affaire Farrell et puis… le trou noir ! A ce moment-là, un médecin entra dans la chambre. Grand, bien découplé, il avait un visage ouvert qui inspirait confiance. - Agent Eppes, comment vous sentez-vous ? - Ca va. Mon bras me fait un peu mal. - Oui, c’est normal, il est brisé en trois endroits et des morceaux de métal se sont aussi profondément incrustés dans la chair, sectionnant l’artère radiale et provoquant de profondes blessures et brûlures. Il va vous falloir un petit moment avant de récupérer votre mobilité. - Mais qu’est-ce qui s’est passé ? - Vous ne vous souvenez pas ? - Rien du tout ! - Votre véhicule a explosé. - Mon véhicule ? Il plissa le front, tentant de ramener les souvenirs à lui, en vain. - Je suis sérieusement blessé ? s’inquiéta-t-il. - Et bien vous nous avez fait très peur. Outre les fractures de l’humérus et du cubitus, vous souffriez d’une grave commotion cérébrale ainsi que d’un traumatisme crânien. Par ailleurs, un morceau de métal avait entaillé l’artère radiale et vous aviez perdu énormément de sang : nous avons dû vous transfuser. Vous avez aussi une plaie profonde sur la joue qui a nécessité plus de quinze points de suture, de nombreux hématomes sur le corps et une meurtrissure sérieuse au front. Mais tout rentrera dans l’ordre petit à petit. Vous ne devriez garder aucune séquelle. - Je suis là depuis longtemps ? - Il y a déjà quatre jours. Nous vous avons plongé dans un coma artificiel durant quarante huit heures pour éviter tout risque d’œdème cérébral. Et puis nous vous avons laissé vous réveiller tranquillement. - Est-ce que mon père et mon frère sont là ? - Non, vous n’avez pas reçu de visite. Il le regarda, incrédule. Il était impossible qu’il n’ait reçu aucune visite ! A moins qu’on ne les ait interdites. Mais même dans ce cas, il s’étonnait qu’Alan et Charlie aient accepté sans broncher de quitter l’hôpital. D’un autre côté, qu’auraient-ils pu faire de plus pour lui alors qu’il était dans le coma ? - Est-ce que je peux appeler chez moi ? Ma famille doit s’inquiéter. - Oui. Ecoutez, vous parlerez de ça avec l’agent Laurton. - Quoi ? Il commençait à s’agacer. Qui est cet agent Laurton ? J’exige d’appeler ma famille, vous ne pouvez pas m’en empêcher. Il se redressa et un cri de douleur lui échappa. Il retomba en arrière, le souffle coupé, la sueur au front tant la souffrance était intolérable. Il eut l’impression que la pièce se mettait à tourner autour de lui. Comme dans un brouillard, il vit le médecin injecter le contenu d’une seringue dans le fil du goutte-à-goutte et la douleur se dissipa. Il distingua à nouveau ce qui l’entourait. Il comprit qu’on venait de lui injecter un antalgique. - Ca va mieux ? interrogea le médecin. - Oui. Qu’est-ce que vous m’avez donné ? - Un peu de morphine. Mais évitez de trop vous agiter d’accord ? Il se contenta de hocher la tête, épuisé, tandis que la douleur continuait de le déserter, petit à petit. Il sentit qu’il sombrait et eut un grognement de protestation : il ne voulait pas dormir, il voulait comprendre. Mais le sommeil l’emporta, balayant toutes ses questions. ***** Les choses lui revinrent en mémoire sitôt qu’il ouvrit les yeux, quelques heures plus tard. Il se sentait plus fort. Il s’aperçut que son bras était désormais plié en écharpe sur son torse, sans doute pour l’empêcher de le bouger et de raviver la douleur. Mais il n’avait pas l’intention d’être imprudent. Sa dernière expérience lui avait suffi à cet égard. Seulement, cette fois-ci, il voulait des réponses. On ne se défilerait pas une fois encore. Au moment où il tournait la tête pour localiser le bouton d’appel, il s’aperçut qu’il n’était pas seul dans la pièce. Un homme d’une quarantaine d’année se tenait à son chevet. Assez grand, musclé, le visage dur, les cheveux coupés très courts, vêtu d’un costume cravate très strict, il détecta aussitôt l’agent gouvernemental. Un collègue du F.B.I. peut-être ? En tout cas quelqu’un capable de répondre à ses questions. Lorsqu’il vit ses yeux braqués sur lui, l’homme prit la parole. - Enchanté de vous voir revenu parmi nous agent Eppes. Et avant que Don n’ait pu lui poser la question qui lui brûlait les lèvre, il enchaîna, en lui mettant sous les yeux sa carte officielle. - Agent Edwin Laurton C.I.A. Don le regarda, effaré. La C.I.A. ? Mais qu’est-ce que la C.I.A. pouvait bien foutre là ? Et puis une grimace lui échappa : si la C.I.A. était dans le coup, ça sentait mauvais. Son regard devait parler pour lui car l’homme continua. - Vous devez vous demander où vous êtes et ce que vous faites là non ? - Juste un peu, tenta-t-il de blaguer. L’ombre d’un sourire éclaira le visage de l’agent, qui se reprit très vite. - Vous êtes dans l’une de nos cliniques privées. - Comment ça ? Vous voulez dire que je ne suis pas à l’hôpital ? - Non, ç’aurait été trop dangereux de vous hospitaliser dans un établissement public. Vous n’y auriez pas été en sécurité. - Je n’y comprends rien. Où est ma famille ? - Justement, j’y viens. Si vous voulez bien me laisser vous expliquer. Don alors se tut et laissa l’homme lui raconter les événements qui avaient abouti à sa présence en ces lieux. ***** Il n’avait pas à lui rappeler les événements qui s’étaient déroulés deux ans plus tôt, ils étaient encore frais à sa mémoire. Il lui expliqua donc que, depuis deux ans, la C.I.A. s’efforçait de retourner Sobieski afin d’en faire un agent à leur solde dont les accointances avec de multiples groupes terroristes rendraient la collaboration particulièrement intéressante. Le criminel avait le choix entre collaborer ou finir ses jours dans un pénitencier fédéral, à moins qu’il ne soit condamné à mort, ce qui était loin d’être exclu étant donné le nombre de ses crimes. Mais l’homme était rusé. Il savait que sa condamnation dépendait avant tout de cinq témoins directs, à des niveaux divers, de certaines de ses exactions. Sans eux, il n’y avait plus qu’un large faisceau de présomptions, insuffisant en tout cas pour qu’il soit condamné à mort. Et, avec les moyens dont il disposait, quelle que soit la peine de prison prononcée à son égard, il avait bien l’intention de fausser compagnie à ses geôliers le plus vite possible. Et ensuite, ils n’avaient que peu de chance de remettre la main sur lui. La C.I.A. était consciente de ce risque et c’est pourquoi, depuis deux ans, elle exerçait une surveillance étroite sur le criminel, retenu dans l’un de ses bâtiments avec l’accord du juge, lui interdisant toute tentative d’évasion. Mais le procès approchait désormais et, légalement, il devait être présenté à la justice. Ensuite, il serait obligatoirement interné dans un pénitencier où, si strictes qu’elles soient, les mesures de sécurité ne seraient pas à la hauteur de celles du bâtiment où il était pour le moment retenu, et d’où d’ailleurs ses avocats faisaient leur possible pour le faire sortir. Deux ans que durait ce jeu du qui perd gagne entre le redoutable criminel et la non moins redoutable agence, chacun pensant pouvoir manipuler l’autre à son profit. Chacun pensant marquer des points et se montrer plus malin que l’autre. Et puis, de manière tout à fait inattendue, Sobieski avait repris l’avantage. Quatre des cinq témoins directs, dont l’ancien lieutenant qui avait permis l’infiltration de Don, avaient été abattus, bien qu’officiellement victimes d’accidents, malgré la protection dont on les entourait. La C.I.A. avait alors conclu qu’il y avait une taupe parmi eux. Une équipe s’était alors mise sur la trace du traître et n’avait pas tardé à le démasquer. Il avait été arrêté, interrogé et éliminé. Mais il avait avoué avoir donné à Sobieski les coordonnées du cinquième témoin. Il se trouvait que celui-ci ignorait toujours que le Lars Saurvesson qu’il avait connu n’était pas celui qu’il semblait être. Mais juste avant d’être arrêté, l’agent circonvenu avait révélé à son contact le vrai nom du soi-disant Saurvesson : Don Eppes, du F.B.I. Aussitôt qu’ils avaient pris conscience de la gravité de la situation, une équipe avait été dépêchée pour mettre l’agent à l’abri, sans faire de vagues. Ils s’étaient dit que, la meilleure solution était de le faire passer pour mort. Ainsi, plus de risques. Se croyant désormais à l’abri, Sobieski serait pris au piège le jour du procès et n’aurait plus d’autre choix que de collaborer. Cela faisait donc plusieurs jours qu’à son insu Don était suivi par des agents de la C.I.A., chargés à la fois de veiller sur lui et d’identifier le ou les tueurs lancés à ses trousses. Lorsqu’ils avaient vu une jeune femme poussant un landau s’arrêter plusieurs minutes à hauteur de la voiture de Don, ce jour-là, ils avaient compris très vite à quel type de tâche elle s’afférait. Elle n’avait pas fait cent mètres qu’une équipe la cravatait en douceur et l’emmenait. Elle n’opposa d’ailleurs aucune résistance : c’était une professionnelle, elle connaissait les risques du métiers et les avait acceptés en connaissance de cause dès l’instant où elle avait choisi cette curieuse profession. Et puis les choses avaient failli mal tourner. Don était sorti de chez lui, alors que les agents ne s’attendaient pas à ce qu’il reparte avant plusieurs heures de là, voire le lendemain, comme cela lui était déjà arrivé. Entre temps, ils pensaient pouvoir remplacer l’engin explosif par un autre de leur composition qui leur permettrait de faire croire à la mort de l’agent sans pour autant le mettre en danger. Mais Don les avait pris de court : il était monté en trombe dans sa voiture tandis que ses suiveurs restaient coincés derrière un camion qui manoeuvrait maladroitement. L’agent Laurton, présent dans ce véhicule avait alerté un collègue. Celui-ci s’était précipité vers la voiture de Don, qui parvenait au bout de la rue. En agitant son badge, il avait arrêté l’agent. Sur le qui vive, celui-ci avait baissé sa vitre et demandé : - Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? - C.I.A. J’ai besoin de vous parler agent Eppes. - Quoi ? Maintenant ? - Oui, c’est urgent. Descendez de votre véhicule. - Et pourquoi ? - Agent Eppes, nous avons toutes les raisons de penser qu’on a piégé votre voiture. Don avait cessé de discuter, se tenant toujours en alerte, mais comprenant que, si l’homme avait raison, il n’avait pas intérêt à s’attarder dans les parages. Ils avaient à peine fait quelques pas rapides que la voiture explosait : le minuteur était visiblement arrivé en bout de course. Don et son compagnon avaient été projetés à plusieurs mètres de là tandis que des cris s’élevaient autour du véhicule qui brûlait. Le fourgon dans lequel les autres agents avaient pris place s’était arrêté à hauteur des deux hommes inconscients. Ils avaient tout de suite compris qu’il n’y avait rien à faire pour leur collègue qui se trouvait le plus près de la voiture. Alors, profitant de la panique ambiante, prenant des risques insensés, avec le sang froid indispensable dans leur métier, du moins si on voulait rester en vie, ils s’étaient approchés du véhicule qui brûlait pour déposer au plus près le corps sans vie puis ils avaient embarqué Don inerte sans que personne ne remarque leur manège. Le tout leur avait pris moins de deux minutes. Don avait le visage ensanglanté : une profonde blessure entaillait sa joue. Son bras gauche, visiblement fracturé et sérieusement brûlé laissait échapper le sang en flot impressionnant. Laurton avait compris tout de suite que, vraisemblablement, l’artère radiale était lésée et il avait enlevé sa veste pour faire un point de compression afin d’éviter que le blessé ne se vide de son sang. Il avait poussé un cri de rage - Bon Dieu, c’est pas vrai ! Puis il avait donné l’ordre de mettre le cap sur l’hôpital le plus proche. Si Don mourait, c’était Sobieski qui gagnait. ***** Don écoutait toujours attentivement le compte-rendu de son vis-à-vis. - Aux urgences les médecins se sont occupés de vous et dès que vous avez été stabilisé, on vous a fait transférer dans cette clinique, qui nous appartient, afin qu’il n’y ait pas de fuite. Et puis on a fait passer notre agent mort pour vous. - Quoi ? Comment ça ? - L’agent Sloane était complètement défiguré par l’explosion : il avait à peu près votre taille, votre poids, votre coupe et votre couleur de cheveux. Ses vêtements avaient entièrement brûlé… C’était facile. Il nous a simplement suffit de le rapprocher au plus près du brasier. - Mais l’ADN ? - Vous oubliez à qui vous avez à faire, agent Eppes. Effectivement, rien de plus simple pour eux que de truquer les résultats soit à l’insu du légiste, soit en faisant pression sur lui, le plus légalement du monde, sous prétexte de sécurité nationale. - Mais… Ma famille ? - Rassurez-vous ! Votre famille et vos amis savent ce qu’il en est vraiment. Mais vous comprenez bien qu’ils ne peuvent pas communiquer avec vous, ce serait beaucoup trop dangereux. - Je ne comprends pas. - Don, vous permettez que je vous appelle Don n’est-ce pas ? Après tout, nous sommes du même bord. Il se contenta d’acquiescer de la tête. - Pour tout le monde vous êtes mort. C’était le seul moyen que Sobieski se croit à l’abri. Son procès s’ouvre dans trois semaines : il aura alors la plus mauvaise surprise de sa vie. - Trois semaines ! - Ce n’est pas très long Don. Ca vous donnera le temps de vous remettre de vos blessures. Et ensuite vous pourrez reprendre tranquillement votre vie. - Mais je pourrai téléphoner chez moi au moins ? Juste prévenir mon père et mon frère que je vais bien. - Rassurez-vous, nous les tenons au courant de votre état de santé. Ils ont bien compris la nécessité de vous garder à l’écart. D’ailleurs votre père vous fait dire de ne pas faire votre mauvaise tête et de vous plier, pour une fois dans votre vie, à ce qu’on vous demande. Il a très peur pour vous. Don sourit à ses mots qui ressemblaient bien à Alan. Il imaginait bien le calvaire que devait vivre sa famille à le savoir en danger sans pouvoir s’approcher de lui. Charlie devait être dans tous ses états. - Et si je refuse ? Si je décide de rentrer chez moi ? Après tout je suis tout à fait capable de prendre soin de moi-même. - Pas tant que ça, sinon vous ne seriez pas là, Don. En tout cas, pas dans cet état. Et puis, pensez à votre famille. Croyez-vous vraiment que Sobieski les épargnera s’il veut vous atteindre ? Don n’avait pas pensé à cet aspect des choses. Effectivement, si le criminel voulait l’abattre, il ne reculerait devant rien, et surtout pas devant le risque de blesser Alan ou Charlie, ou pire. - D’accord. Mais vous me donnez votre parole que ma famille n’est pas en danger ? - Votre famille ne risque rien Don. Tant que vous serez mort, personne ne risquera rien. - Je vais rester ici durant ces trois semaines ? - Non, sitôt que vous n’aurez plus besoin de soins médicaux, on vous transfèrera dans une de nos maisons sécurisées. Vous y serez très bien, et très bien gardé. - Je dois me considérer comme prisonnier ? déclara-t-il, agacé par ces mots. - Non. Vous devez vous considérer comme invité. Il en fut comme l’agent Laurton l’avait annoncé. Au bout de cinq jours, l’état de Don fut jugé suffisamment satisfaisant pour qu’il quitte l’hôpital. Il suffirait de lui changer ses pansements tous les jours et on l’avait muni d’antalgiques au cas où son bras le ferait souffrir. Pour le reste, il n’avait qu’à prendre son mal en patience. On l’installa dans une magnifique demeure avec piscine, dont de toute façon sa blessure l’empêchait de jouir, mais clôturée par un mur haut de plus de trois mètres sur les trois côtés du terrain, le quatrième étant délimité par une paroi rocheuse. Tranquillisé sur le sort des siens, persuadés qu’il ne s’inquiétaient pas pour lui, Don décida de prendre son mal en patience et de profiter, autant qu’il le pouvait, de ses vacances forcées. Jusqu’au jour, où, enfin, on était venu lui annoncer qu’il témoignerait dès le lendemain. Dans la nuit, il avait été ramené à Los Angeles, dans la suite luxueuse d’un palace : décidemment, l’agence ne reculait devant rien pour assurer sa sécurité et ses moyens financiers étaient visiblement supérieur à ceux du F.B.I. ! Lorsqu’il avait pénétré dans la salle d’audience désertée, le procureur ayant demandé et obtenu le huis clos, il s’était délecté de la mine déconfite de Sobieski qui comprenait, d’un seul coup, qu’il avait échoué. - Et oui mon vieux, avait-il pensé à part lui, on ne se débarrasse pas de moi comme ça et ce que tu as essayé de me faire va te coûter cher. D’autant plus cher que les blessures apparentes de l’agent impressionnèrent désagréablement le jury et que la femme recrutée pour exécuter cette besogne, sachant pertinemment où était son intérêt, n’hésita pas à désigner fermement le commanditaire de l’acte odieux durant lequel un agent de la C.I.A. avait trouvé la mort, un agent du F.B.I. avait été grièvement blessé et un passant dans la rue très sérieusement commotionné. Rien que pour cet acte Sobieski encourait la peine de mort dans l’état de Californie. Son compte était bon ! (à suivre) |
|  | | juliabaku Le rêve devient ta réalité….

Messages: 301 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 19 Localisation: quelque part chez les ch'tits
 | Sujet: Numb3rs rating G: Mort sous protection chapitre XXXV Jeu 19 Nov - 18:37 | |
| CHAPITRE XXXV
Maison des Eppes
Dans la maison des Eppes l'ambiance semblait un peu plus sereine. Robin était venue aider Amita et Larry pour soutenir Alan. Amita était en cuisine en train de préparer le repas. Larry continuait à chercher des liens supplémentaire pour aider Colby, comme s'il était hypnotisé par cette affaire. Robin se contentait de rassurer Alan, en lui certifiant que chacun allait faire du mieux qu'il pouvait. Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Larry sortit de son petit monde, et alla ouvrir la porte. Colby, David , Liz et Nikki entrèrent. Ils saluèrent chacune des personnes présente. Ne voulant pas trop fatiguer Alan, ils lui demandèrent de rester assis. Qu'il ne se dérange pas. Amita arriva et apporta alors des tasses de café et des petits gâteaux. Elle les posa sur la petite table, invitant les visiteurs à s'installer.
- Nous sommes venus vous dire comment s'est passée l’audience, commença Colby.
Sur les nerfs, Alan voulait savoir ce qu'il allait dire, ce qu'ils avaient réussi à faire ou non.
- Le procureur a demandé un huis clos, continua Colby.
- Un huis clos ? Pourquoi ? s'exclama Alan
- Apparemment il resterait encore un témoin en vie, et pour la protection de celui-ci, il faut qu’il soit entendu sans qu’il y ait personne dans la salle, de manière à ce que les complices de Sobieski ne puissent l’identifier et attenter à sa vie.
- Le juge a accordé ce huis clos ?
- Il a beaucoup réfléchi. A la demande du procureur, il a demandé à nous voir dans son bureau, répondit Colby.
- Pourquoi ?
- Pour l’aider à établir la dangerosité de Sobieski et le risque qu’il représente pour le témoin de l’accusation.
- Alors, vous lui avez parlé de Don ?
- Oui, nous avons dit qu'il avait sûrement commandité le meurtre de Don. Mais qu’il n'y avait pas assez de preuves pour pouvoir lui mettre ce crime supplémentaire sur le dos, reprit alors David.
- Et ?
- Il a accordé le huis clos.
- Mais qui est ce témoin ?
- Aucune idée.
- Est-ce qu’au moins il permettra d’envoyer ce meurtrier en prison ?
- D'après le peu d'informations que l'on a, il ira très probablement en prison.
- Peut être, mais pas pour le crime qu'il a commis sur mon fils. Mon pauvre petit Don... Son meurtrier n'aura rien pour ce crime !!! Je trouve ça inadmissible.
- Au moins il sera déjà en prison et ne pourra plus faire de mal à quiconque, termina Nikki.
- Et puis, pour l'instant, nous ne pouvons pas intervenir d'avantage sur le procès en cours.
- Mais la mort de mon fils ne sera pas vengée. C’est comme s'il était mort pour rien.
- Ne désespérez pas. S’il avait été jugé pour la mort de Don, Sobieski aurait vraisemblablement été acquitté faute de preuves. Et comme on ne peut pas être jugé deux fois pour le même crime, il risquait de s’en tirer définitivement, même si nous avions eu quelque chose contre lui plus tard. Ainsi nous gardons une chance. Nous allons continuer l'enquête, il suffit d'être patient monsieur Eppes, conclut Liz.
(A suivre...) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - chapitre 36 Ven 20 Nov - 23:47 | |
| CHAPITRE XXXVI Tribunal Fédéral, Los Angeles- Enfin, c’est terminé. - Bravo Don. Grâce à votre témoignage, nous le tenons. Merci. - Vous n’avez pas à me remercier, je l’ai d’abord fait pour moi. Maintenant je n’ai plus rien à craindre de ce type. Je vais enfin pouvoir rentrer chez moi. - Oui, bien sûr. Quelque chose dans l’intonation un peu contrainte de son interlocuteur attira l’attention de Don. - Quoi ? Il y a quelque chose que j’ignore ? - Au sujet de votre famille… - Quoi ma famille ? L’inquiétude lui mordit le cœur. Est-ce qu’il s’était passé quelque chose qu’on ne lui avait pas dit ? - Ecoutez, Don. On ne vous a pas dit toute la vérité. - Comment ça ? Où sont mon père et mon frère ? Vous m’aviez dit qu’ils m’attendraient après mon audition. Alors où sont-ils ? - Ils ne sont pas là. - Pourquoi ? Vous ne les avez pas prévenus que c’était aujourd’hui que je témoignais et que tout ça serait terminé ? - A vrai dire… non ! - Mais pourquoi bon sang ? Ca fait trois semaines que je n’ai pas vu mon père et mon frère, vous pouviez comprendre que j’avais hâte de les retrouver, et je pense qu’il en est de même pour eux. - C’est justement là que le bât blesse… - Comment ça ? Expliquez-vous nom de nom ! - Ecoutez Don. Je ne sais pas trop comment vous dire ça… - Mais vous allez vous décider à la fin ! Vous me rendez dingue ! Que s’est-il passé ? Et puis soudain un doute horrible lui traversa l’esprit, il blêmit et vacilla. - Oh non ! Pas ça ! Ne me dites pas que… - Quoi ? - Il ne leur est rien arrivé n’est-ce pas ? Sobiesky ne les a pas fait tuer ? Hein ? Vous les avez bien protégés, comme vous me l’aviez promis ? Dites-moi qu’ils vont bien ! Il avait hurlé ces derniers mots, en proie à une angoisse atroce. - Non, ne vous inquiétez pas. Il ne leur a rien fait, je vous l’assure. Ils vont bien ! … Enfin physiquement, ajouta-t-il. Don, qui venait de pousser un puissant soupir de soulagement le regarda, à nouveau inquiet. - Comment ça physiquement ? Qu’est-ce que vous sous entendez par là ? Qu’ils ne vont pas bien moralement ? - C’est à peu près ça oui… - A peu près ça ? Mais pourquoi n’iraient-ils pas bien moralement ? Ils étaient inquiets pour moi ? Mais vous les avez rassurés non ? Vous les teniez bien au courant, régulièrement, de mon état de santé tout comme vous me donniez de leurs nouvelles ? Don le regarda droit dans les yeux, et tout à coup, un terrible soupçon naquit en lui. D’une voix blanche, il demanda. - Vous leur avez bien dit que j’étais vivant n’est-ce pas ? Ils savent que je suis en vie ? Vous ne leur avez pas laissé croire que… Mais au fur et à mesure qu’il parlait, il lisait dans les yeux de son vis-à-vis les réponses à ses questions et soudain il explosa : - Non ! Ce n’est pas vrai ! Mais comment est-ce que vous avez pu ? Comment vous avez pu leur infliger ça ? Je vous faisais confiance ! J’étais sûr qu’ils savaient que j’allais bien ! Comment est-ce que vous avez pu faire ça ? Il ne trouvait rien d’autre à dire pour témoigner de son désarroi à l’idée de ce qu’avaient pu endurer ceux qu’il aimait. - Et mon équipe ? Ils sont au courant eux, au moins ? Il lut la même réponse dans les yeux de l’agent et un juron lui échappa. - Mais pourquoi bon Dieu, pourquoi ? - Il fallait que ça fasse vrai, Don. Sobiesky ne devait à aucun moment douter de votre mort. La meilleure solution c’était que nul n’en doute, et surtout pas ceux qui vous aiment. - Mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? Chez Don, le chagrin commençait à laisser la place à une colère terrible. - Nous n’avions pas le choix Don. - Vous n’aviez pas le choix ? Pas le choix ? Son poing se détendit brusquement et vint frapper l’agent en pleine face. Celui-ci se retrouva au sol, le nez en sang. Il esquissa un geste de défense, mais Don n’avait pas l’intention de le frapper de nouveau. - Salopard ! se contenta-t-il de crier. Ne vous représentez jamais devant moi ! - Don, attendez ! Attendez ! Mais Don était déjà loin : il courait à perdre haleine à travers les longs couloirs du palais de justice taraudé par une seule idée : il devait rentrer chez lui. Il devait retrouver Alan et Charlie, leur dire qu’il allait bien, leur ôter ce poids qui devait les écraser depuis bientôt trois semaines. Il descendit les marches en courant et arrêta un taxi auquel il jeta l’adresse de la maison. Tandis qu’il roulait à travers les rues de Los Angeles, il sentait son cœur battre à tout rompre sous l’effet de la colère mais aussi du chagrin et de la culpabilité. Comment avait-il pu se rendre complice d’une telle infamie ? Comment avait-il pu être assez naïf pour prendre pour argent comptant ce que lui disaient les espions qui le gardaient ? Il aurait pourtant dû savoir que la C.I.A. ne reculait devant rien pour parvenir à ses fins, pas même devant la souffrance infligée à des innocents. Il grimaça : sa main lui faisait mal ; il y était vraiment allé de bon cœur en frappant ce traître. Espérons qu’il ne se l’était pas fracturée : il aurait l’air malin avec le bras gauche en écharpe et la main droite plâtrée ! ***** Il ne fallut pas plus de vingt minutes au chauffeur pour l’arrêter devant l’allée. Don eut un serrement au cœur en apercevant la pelouse qui avait visiblement besoin d’une bonne tonte et les feuilles mortes qui jonchaient l’allée, signe que personne ne se préoccupait de l’état du jardin. Ce n’était pas le genre de son père. Cela prouvait dans quel désarroi il devait se trouver. Il jeta un billet de vingt dollars au chauffeur et se rua à l’extérieur du véhicule sans même attendre la monnaie. Le conducteur repartit en trombe, désireux peut-être de mettre le plus vite possible un maximum de distance entre lui et ce généreux client, avant que celui-ci ne s’aperçoive qu’il lui laissait un pourboire équivalent à plus de la moitié du montant de la course. Debout dans l’allée, Don hésitait. Pour la première fois de sa vie il avait peur de rentrer dans cette maison qu’il adorait. Qu’allait-il y trouver ? Comment expliquer ? Que pourrait-il faire pour effacer trois semaines d’un chagrin incommensurable ? Mais il ne pouvait pas rester là. De toute façon il lui fallait affronter son retour à la vie. Il prit une grande inspiration et se dirigea vers la maison. La porte s’ouvrit sans aucun problème : elle n’était pas fermée à clé. Aussitôt entré, son impression de malaise s’accrut encore. La maison était propre mais elle paraissait si froide, comme si une chape de plomb s’était abattue sur elle, éteignant toute sa lumière, toute sa chaleur. - Papa ? Charlie ? Il ne s’apercevait même pas que sa voix était presque un murmure, comme s’il était entré dans une église. Il se sentait oppressé, on aurait dit qu’il n’était pas à sa place ici, qu’il n’était plus à sa place. - Papa ? Charlie ? Où êtes-vous, c’est moi, c’est Don ! Personne ne répondait à ses appels et il se sentit soudain gagné par un sentiment de panique irrépressible : et s’ils n’étaient plus là ? Et s’il n’y avait plus personne pour l’accueillir ? S’ils étaient partis, le croyant définitivement perdu pour eux ? Il tenta de se raisonner : bien sûr que non. Jamais Charlie et son père n’auraient abandonné la maison, pas en si peu de temps en tout cas. Si peu de temps ? lui soufflait son esprit à la dérive. Trois semaines ! Trois longues semaines de deuil et de larmes ! Qu’aurait-il pensé, lui, s’il avait cru son père ou Charlie morts pendant trois semaines ? Aurait-il eu le courage de rester à un endroit où chaque recoin lui parlait d’eux, où il les entendait rire, ou il les voyait vaquer à leurs occupations habituelles ? Mais est-ce qu’il n’était pas en train de se donner beaucoup d’importance ? objectait une autre voix dans son cerveau. Quelle suffisance que d’imaginer que sa disparition avait interrompu net la vie d’Alan et Charlie ! Dieu merci ils avaient d’autres centres d’intérêt dans la vie que lui ! Sans doute avaient-il énormément de chagrin, mais de là à imaginer qu’ils aient pu se détruire ! - Papa ? Charlie ? Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette absence ? Il reçut un nouveau coup au cœur lorsqu’il aperçut le bandeau de crêpe qui ornait le coin du grand portrait de lui accroché au-dessus du buffet. Tout ici respirait le deuil, le chagrin. Mais où était donc sa famille ? ***** Le bruit de la porte qui s’ouvrait le fit se retourner d’un bloc. Il se figea dans le salon tandis qu’Amita, Larry et Alan entraient, portant plusieurs sacs à provision. Son cœur se serra en voyant combien son père paraissait frêle et perdu : des rides profondes s’étaient creusées sur ses joues et ses cheveux avaient totalement blanchi. Il faisait plus vieux que son âge, pour la première fois de sa vie. Il avait l’air… Il avait l’air vieux, conclut Don, vieux, fatigué et désespéré. Les trois arrivants s’étaient arrêtés sur le seuil, l’air dubitatif en voyant, en contre-jour, cette silhouette au milieu du salon. - Qui êtes-vous ? interrogea Amita. Et puis soudain, l’incrédulité se lut dans son regard et dans celui de Larry tandis qu’Alan laissait échapper le sac à provisions qu’il tenait et que ses mains se mettaient à trembler. Ce n’était pas juste ! Le ciel ne pouvait pas lui imposer cette épreuve juste au moment où il commençait enfin à remonter tout doucement la pente, soutenu par les amis de Charlie. Pourquoi lui envoyer ce rêve cruel, cet espoir impossible ? Etait-il finalement devenu fou à force de douleur et de chagrin ? Ses sens l’abusaient-ils en lui faisant croire ce qu’il espérait du plus profond de son cœur sans penser un instant que ça puisse effectivement se produire. Et puis l’homme qui se tenait dans le salon fit un pas, juste un pas et tout devint réel, merveilleusement réel. - Papa ! - Oh mon Dieu ! C’est toi ? C’est bien toi ? Je ne rêve pas ? - Non papa, non, c’est moi. C’est Don. La fin de sa phrase se perdit dans l’étreinte convulsive où son père l’enferma brusquement. Il le serrait contre lui à l’étouffer, comme pour empêcher quiconque de venir s’immiscer entre eux, tenter de lui arracher ce fils qu’on lui rendait. Don réprima un gémissement : son bras blessé se ressentait douloureusement de cette étreinte. Mais il n’essaya pas de s’en dégager. Il comprenait que son père en avait terriblement besoin pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. C’est d’ailleurs ce qu’il lui murmura soudain. - C’est bien toi Donnie, je ne rêve pas ? - Non, c’est moi papa. - Si c’est un rêve, alors je ne veux plus jamais me réveiller. Plus jamais. - Ce n’est pas un rêve papa, je suis là. Alan s’écarta enfin de son fils miraculé et le tint à bout de bras, le dévorant du regard, comme pour s’assurer que c’était bien lui qui se tenait là. Amita pleurait dans les bras de Larry, mais cette fois-ci, elle versait des larmes de joie après avoir versé tellement de larmes de chagrin. - Mais comment ? Comment ? balbutiait Alan, incapable de s’exprimer convenablement. - C’est une longue histoire papa. Je t’expliquerai. Je suis désolé de tout ça, tellement désolé, si tu savais ! En voyant des larmes dans les yeux de son fils, Alan n’y tint plus et il le prit de nouveau dans ses bras, le berçant comme un bébé. - Non, tout va bien mon cœur, tout va bien maintenant. Tu es là. Tout va bien. Il ne cessait de répéter cette phrase, comme pour s’en convaincre lui-même. Tout irait bien désormais, son fils était là. Comment ? Pourquoi ? Quelle était la cause du miracle ? A quoi rimaient ces semaines indicibles qu’ils venaient de vivre ? Le temps des explications viendrait bien assez tôt. Pour le moment, tout ce qui lui importait, tout ce qui comptait, c’est de pouvoir tenir contre lui son garçon qu’il avait cru perdu à jamais, pouvoir respirer son odeur, pouvoir entendre sa voix et se repaître de sa vue. - Mon Donnie, mon petit. Je suis si heureux ! Si heureux ! Il arriva enfin à s’éloigner un peu, oh ! juste un tout petit peu de son garçon retrouvé. Et celui-ci se trouva aussitôt pris dans l’étreinte d’Amita puis de Larry, eux aussi incapables de trouver les mots pour décrire l’intensité des émotions qui les étreignaient à cet instant précis. Et puis soudain le regard d’Alan se fit inquiet : - Mon Dieu, mais tu es blessé mon ange ! Il venait de remarquer le bras en écharpe, la longue balafre sur la joue et l’hématome encore visible sur le front. - Non, tout va bien papa ! On m’a parfaitement soigné ! Je vais très bien. - Mais que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Pourquoi cette monstruosité ? - Je vais vous expliquer. Mais d’abord, je voudrais voir Charlie. Où est-il ? Il s’affola du regard qu’échangèrent alors ses trois interlocuteurs. - Quoi ? Papa ? Où est Charlie ? Dis-moi qu’il va bien ! - Oui, oui. Il va bien, s’empressa alors de répondre son père, pour calmer l’angoisse qu’il sentait soudain dans la voix de son fils. Mais… - Mais quoi ? Bon sang, dites-moi où est mon frère ! Alan n’avait pas la force de parler. Ce fut Amita qui lui dit, d’une voix empreinte de chagrin. - Don, Charlie a très mal réagi quand il vous a cru mort. - Oui, ça je peux l’imaginer, et alors ? - Petit à petit, il s’est refermé sur lui-même. - Il ne parlait plus, expliqua à son tour Alan, il ne dormait plus, puis il a arrêté de s’alimenter. - Quoi ?! Et alors ? La voix de Don était maintenant empreinte d’une véritable angoisse. - Donnie, on a dû le faire interner. - QUOI ???!!! Mais non ! C’est impossible voyons ! - On n’avait pas le choix. Il risquait de se détruire. - Non ! Oh mon Dieu non ! Mon petit frère ! Don se sentait déchiré par la culpabilité : son petit frère s’était laissé dériver par sa faute. A cause de lui son esprit si brillant s’était perdu dans des limbes d’où il serait difficile de le faire revenir. - Mais, que disent les médecins ? Il va s’en sortir n’est-ce pas ? C’est juste une dépression passagère ? - Ils pensent que c’est grave Don, très grave. - Mais maintenant que je suis là… balbutia-t-il. - Donnie, ton frère est parti loin, très loin, avoua Alan en pleurant, je ne suis pas sûr que ta seule présence réussira à le ramener. - Je veux le voir, je dois le voir ! exigea soudain Don. - D’accord, je t’y emmène. » Alan n’essaya même pas de discuter. Et puis, au fond de lui, il ne pouvait s’empêcher de penser que le miracle allait peut-être se prolonger encore. Puisque son fils aîné était revenu, pourquoi pas aussi le cadet ? (à suivre) |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Mort sous protection - Chapitre 37 Lun 23 Nov - 21:38 | |
| Voilà, suite et fin de cette fiction écrite avec JB et qui, je l'espère, vous aura plu. Le dessin est évidemment l'oeuvre de JB (quiconque connaît mes travaux picturaux sur PC l'aura deviné...) CHAPITRE XXXVII Maison de repos, Los AngelesAssis dans le jardin, Don, désespéré, contemplait son petit frère avachi dans un fauteuil. Le mathématicien n’était plus que l’ombre de lui-même. Une barbe déjà fournie masquait ses joues et son menton, ses cheveux, ayant énormément poussé, bouclaient anarchiquement sur son front et sa nuque et il avait beaucoup maigri. Mais ce qui lui faisait le plus mal, c’était son regard vide que toute intelligence semblait avoir désertée. Où était passé le génial mathématicien dont l’esprit était toujours en ébullition, à la recherche de nouvelles théories, de nouvelles hypothèses, rebondissant systématiquement sur tous les problèmes qu’on lui présentait, élaborant des schémas audacieux et innovants ? Où était-il passé ce petit frère parfois si agaçant mais dont il était si fier ? « Oh Charlie, mon petit frère, où es-tu ? » gémit Don. Cela faisait maintenant deux semaines qu’il était rentré chez lui. Il avait retrouvé ses amis, son bureau, son nom avait été effacé de la pierre tombale où on l’avait gravé à côté de celui de sa mère. La C.I.A. avait régularisé sa situation et récupéré le corps de l’agent dont il ne connaîtrait jamais le nom : désormais l’agent Don Eppes était de retour à la vie. Mais Charlie, lui, était resté en arrière. Le second miracle espéré par Alan n’avait pas eu lieu. Quand Don s’était présenté devant lui, le mathématicien n’avait pas frémi, n’avait pas bougé un cil. Son frère avait eu beau le prendre dans ses bras, lui serrer la main, lui parler, il n’avait eu aucune réaction. Où qu’il soit, il était hors d’atteinte. Don se sentait terriblement coupable de ce qui arrivait malgré tout ce que pouvait lui dire son père. Le responsable ce n’était pas lui, c’était la C.I.A. qui se permettait de jouer avec la vie des gens sans se soucier des dégâts qu’elle pouvait faire. Charlie n’était pas assez solide pour supporter certaines tensions, certaines épreuves. D’après les médecins, son cerveau avait comme disjoncté. Quant à savoir si la connexion se ferait de nouveau un jour ? Enormément d’espoir de voir son état s’améliorer avait disparu en constatant que le retour de son frère n’avait rien changé à sa prostration. Son corps était là, pour le moment du moins, mais son esprit, lui, avait déserté son enveloppe charnelle. Don passait chaque jour plusieurs heures auprès de Charlie. De toute façon, sa blessure au bras, encore mal guérie, lui interdisait de reprendre du service sur le terrain. Il se contentait donc de quelques heures de présence au bureau pour expédier la paperasserie, puis venait tenir compagnie à Charlie. Un infirmier lui avait dit qu’il lui semblait que son frère était plus calme en sa présence et il aimait à croire que c’était la vérité. Ce jour-là, il avait décidé d’emmener le mathématicien au fond du jardin de la clinique où il était hospitalisé. C’était un après-midi d’automne ensoleillé et Don voulait profiter de ces derniers moments où il pouvait emmener son frère à l’extérieur : bientôt la pluie viendrait et ils seraient confinés entre les quatre murs de la petite chambre claire qu’occupait Charlie au premier étage du bâtiment central. Il soufflait une brise légère qui faisait voleter les feuilles des arbres qui déjà jaunissaient. A cet endroit du parc, on avait installé un banc en fer à cheval sur une petite terrasse au centre de laquelle se dessinait un cadran solaire. De l’autre côté de la terrasse, des poissons rouges nageaient dans un bassin peu profond et il semblait à Don que Charlie aimait cet endroit. Peut-être les poissons rouges lui rappelaient-ils ses propres poissons. Qui pouvait savoir ce que pensait le malade ? Pensait-il d’ailleurs ? Son cerveau si performant émettait-il encore des ondes ? « Charlie ! Regarde Charlie, on dirait que les ombres… Il lui racontait tout et n’importe quoi, élaborant les théories scientifiques les plus absurdes et les plus grotesques pour tenter de le faire réagir. Il aurait tout donné à ce moment-là pour entendre son frère le contredire à nouveau, lui qui était si souvent exaspéré par cette propension qu’il avait à le faire. Il aurait donné sa vie pour se sentir de nouveau complètement stupide, tandis que Charlie lui exposait une théorie qui semblait couler de source pour lui et dont, pour sa part, il n’arrivait même pas à saisir les prémices. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fallu que ça arrive ? Pourquoi Charlie ? Il laissa tomber sa tête dans ses mains : il n’en pouvait plus. Il ne supportait plus de se trouver face à cet étranger qui était à la fois son frère et qui ne l’était pas. Il était désespéré de constater que finalement Sobieski avait bien fait une victime dans sa tentative de meurtre : mais ce n’était pas celui qu’il visait qu’il avait tué. Non, celui qui était mort dans cet attentat, c’était Charlie, son petit frère Charlie. Et un terrible sentiment de solitude s’abattit sur lui. Les larmes se mirent à couler entre ses doigts. - Oh Charlie ! Pourquoi ? Pourquoi toi petit frère ? ***** C’est à ce moment-là qu’il sentit une main sur son épaule. Il se figea, n’osant pas comprendre. C’était sans doute une infirmière qui les avait rejoints. Ou Amita venue rendre visite à Charlie, ou encore son père ou Larry qui passaient aussi le voir tous les jours. Pourtant il savait que tous les trois ne devaient pas arriver avant le début de soirée. Amita avait des cours et il avait réussi à convaincre Alan d’accompagner Larry à une exposition de mécanique à laquelle il se faisait une joie d’assister deux mois plus tôt. Tant de choses s’étaient passées en moins de deux mois ! Comme si l’univers entier avait basculé ! Et tout ça par sa faute ! La main quitta soudain son épaule pour se poser sur sa tête. Il la sentait aller et venir dans ses cheveux et il retenait son souffle, de peur, par un mouvement maladroit, d’interrompre ce qui était en train de se passer. - Donnie… Donnie… Est-ce que c’est toi ? Est-ce que tu es là devant moi ? Et puis le doute ne fut plus permis : c’était bien sa main ! C’était bien sa voix : enrouée, faible sans doute, mais SA VOIX ! - Charlie ! Oh ! Charlie, mon petit frère ! Don prit son frère dans ses bras, l’arrachant à son fauteuil, et il le tint serré contre sa poitrine, riant et pleurant à la fois. Il sentait les mains de Charlie dans son dos, ces mains qui n’étaient plus inertes, qui répondaient à son étreinte. - Charlie ! Charlie ! Il écarta un peu son frère pour le regarder et en plongeant dans ses yeux, il aperçut une lueur qu’il avait cru ne plus jamais y voir. - Tu vas bien Charlie ? Dis-moi que tu vas bien, que tu me reconnais ! Parle-moi Charlie ! Parle-moi encore. Il s’affolait soudain, se demandant s’il n’avait pas tout simplement rêvé ce moment de retour à la conscience, s’il n’avait pas pris son désir ardent pour une réalité. Et puis il s’aperçut que la même pensée traversait l’esprit revenu de son frère. - Est-ce que tu es vraiment là Donnie ? - Oui, oui Charlie, c’est bien moi. - Je suis mort ? C’est ça ? - Non ! Non ! cria-t-il presqu’avec violence, terrifié à cette idée. Non ! tu n’es pas mort Charlie et tu ne mourras pas. Charlie s’écarta un peu de son frère, faisant courir ses doigts sur son visage, en en dessinant le contour d’un geste encore imprécis, comme s’il voulait s’assurer qu’il n’était pas la proie d’un songe. Figé, Don le laissait faire, conscient que ce geste était indispensable à Charlie pour reprendre complètement pied dans la réalité. Celui-ci continuait son exploration tactile, descendait sur les épaules et sur le torse, comme pour vérifier que son frère était bien là, en entier, devant lui et Don émis un petit rire de protestation. Il ne savait pas trop comment réagir : à la fois il était gêné de ce geste, mais il avait peur, en l’interrompant, de replonger son frère dans le marasme dont il venait de sortir. Cependant, son rire avait attiré l’attention de Charlie dont les mains cessèrent leur mouvement tandis qu’il levait les yeux vers son aîné, une interrogation dans le regard. - Je te préviens Charlie, si tu descends plus bas, je t’en colle une ! Et soudain, Don vit le plus beau spectacle qu’il lui ait jamais été donné de voir : un sourire ironique fleurit sur les lèvres de son petit frère. - Oh ! Désolé Don ! Puis, les yeux du mathématiciens se mirent à pétiller de malice tandis qu’il ajoutait : - Tu as raison, on pourrait nous voir. J’attendrai que nous soyons seuls ! Don éclata d’un rire nerveux qu’il ne pouvait réprimer et Charlie se joignit à lui avant d’enchaîner, redevenant soudain sérieux : - Mais comment ? Comment ? Je ne comprends pas. - Alors ça, je crois bien que c’est la première fois que je t’entends dire ça ! Quel événement ! Charlie sourit une nouvelle fois : à mesure que les minutes passaient, Don pouvait voir que ses facultés intellectuelles lui revenaient, intactes, aussi aiguisées et redoutables qu’auparavant. - Ne te réjouis pas trop vite, va. Je crois que certaines choses m’échappent mais je ne vais pas tarder à trouver la solution. Don comprit alors que son petit frère était définitivement revenu et il le serra de nouveau contre lui. - Oh Charlie, si tu savais comme tu m’as manqué ! Charlie se laissait aller à la joie de cette étreinte dans les bras de son frère. Bien sûr beaucoup de choses restaient en suspens. Bien sûr il aurait besoin d’une foule d’explications pour comprendre ce qu’il faisait là, dans ce jardin inconnu, avec son frère bien aimé auprès de lui, ce frère dont la mort l’avait plongé dans un tel marasme qu’il avait cru que jamais il n’en sortirait. Mais pour le moment, il s’en moquait. Tout ce qui comptait c’était d’être là, dans les bras de Don, de sentir celui-ci ému aux larmes, ces larmes qu’il avait versées pour lui, lui qui n’avait pas pleuré pour leur mère, ces larmes qui l’avaient sorti de ce gouffre froid et sombre où il s’était égaré depuis si longtemps. Il n’avait pu supporter ces larmes : il ne voulait pas que son frère souffre, c’était intolérable. Et chacune des larmes qui passaient entre les doigts de l’agent effondré était venue, comme un sésame, lui montrer le chemin de la sortie ; chacune d’elle, telle une goutte de lumière, avait érodé cette glace qui emprisonnait sa conscience jusqu’à la faire fondre totalement. Entendre Don lui dire qu’il lui avait manqué, c’était le plus beau cadeau qu’on lui ait jamais fait ! Qui aurait cru qu’un jour de telles paroles sortiraient de la bouche de son frère ? Il aurait tout donné durant leur adolescence pour les entendre. Mais il avait fallu attendre si longtemps et vivre ce drame pour qu’enfin les mots convoités résonnent à ses oreilles. - Tu m’as manqué aussi Donnie ! Désespérément ! réussit-il à dire. Et puis ce fut tout. Les mots étaient devenus inutiles. FIN  |
|  | | Cali Moderateur

Messages: 573 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 32 Localisation: juste derrière vous ^^
 | Sujet: Re: Numb3rs Rating G: Mort sous protection. Mar 24 Nov - 21:59 | |
| Jolie fic!!!!!!!!!!!!! Je vois que finalement tu es parvenue a mettre l'image .... on arrivera peut-être a faire quelque chose de toi .....  _________________  |
|  | | Cissy Moderateur

Messages: 1051 Date d'inscription: 20/06/2009 Age: 47 Localisation: Normandie
 | Sujet: Re: Numb3rs Rating G: Mort sous protection. Mar 24 Nov - 22:37 | |
| Ben oui, mais quand les gens te croient incapables, ils font à ta place... Merci. _________________  L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous (JP Sartre) Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai à vos côtés jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. (Voltaire) |
|  | | | | Numb3rs Rating G: Mort sous protection. | |
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